Le régulateur espagnol de l'nergie et de la concurrence a annoncé vendredi l'ouverture d'enquêtes formelles visant les principales sociétés énergétiques du pays ainsi que le gestionnaire du réseau électrique. Cette décision fait suite à la panne sans précédent survenue l'an dernier en Espagne et au Portugal, après la découverte de preuves de violations prolongées de certaines règles du secteur.

L'organisme de régulation a lancé des investigations sur le gestionnaire de réseau Red Eléctrica - filiale de Redeia - ainsi que sur les groupes Iberdrola, Naturgy, Endesa et Repsol. Il a également précisé que des centrales électriques spécifiques faisaient l'objet d'un examen.

Iberdrola et Endesa ont refusé de commenter ces informations. Les autres entreprises citées n'ont pas répondu immédiatement aux sollicitations.

Plusieurs enquêtes ont analysé les causes de cette panne massive, qui a plongé une grande partie de la péninsule ibérique dans le noir pendant près de 16 heures le 28 avril 2025. La plupart de ces travaux s'étaient jusqu'ici concentrés sur l'identification des causes techniques, sans établir de responsabilités.

La Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia (CNMC) a précisé que, si ces infractions n'ont pas directement provoqué le black-out, elles pourraient avoir affecté le fonctionnement du système électrique et constituer des manquements administratifs nécessitant une procédure formelle.

Les noms des sociétés visées ont été publiés sur le site internet du régulateur après la clôture des marchés.

Dans un rapport publié le mois dernier, la CNMC avait recommandé des mesures pour atténuer les fluctuations de tension sur le réseau et renforcer les interconnexions électriques avec la France. Elle n'avait alors attribué aucune faute, indiquant que les éventuelles infractions feraient l'objet d'un examen distinct.

Vendredi, la CNMC a déclaré avoir détecté une succession d'événements ayant progressivement déstabilisé le système électrique jusqu'au black-out, dont la cause immédiate fut une surtension. Elle a ajouté que certaines infractions présumées avaient persisté sur de longues périodes, tout en soulignant que cela ne signifiait pas encore une attribution de responsabilité aux entreprises concernées.

(Version française par le service Actualités)