La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et l'Espagnol Pedro Sanchez se sont rencontrés à Barcelone samedi à l'issue d'un sommet de dirigeants progressistes, signalant un rapprochement lors de la première visite d'un chef d'Etat mexicain dans le pays méditerranéen depuis huit ans.

L'entretien s'est déroulé dans le cadre du déplacement de Mme Sheinbaum à Barcelone pour assister au quatrième sommet "Pour la défense de la démocratie", un rassemblement de leaders de la gauche mondiale visant à mobiliser les partisans de ces mouvements contre l'extrême droite.

Le voyage de Claudia Sheinbaum marque un assouplissement des relations précédemment tendues et constitue la première visite d'un président mexicain en Espagne depuis l'arrivée au pouvoir du parti Morena en 2018.

Les relations s'étaient détériorées sous son prédécesseur et mentor, Andres Manuel Lopez Obrador, qui avait exigé en 2019 des excuses pour les abus commis durant la domination coloniale espagnole au Mexique, une requête restée sans suite à l'époque.

"Il y a déjà eu un rapprochement de la part du président espagnol et du roi lui-même, ce que nous saluons", a déclaré Mme Sheinbaum aux journalistes à sa sortie de l'événement, tout en précisant avoir réitéré auprès de M. Sanchez la position du Mexique sur l'importance de reconnaître les exactions commises lors de la colonisation de l'Amérique latine.

Elle a indiqué avoir invité Pedro Sanchez à participer à la cinquième édition du sommet, qui se tiendra au Mexique l'année prochaine.

RENFORCEMENT DES LIENS

"Je pense que la présence de la présidente Sheinbaum ici est un signe très important et positif de rapprochement entre les deux pays", a déclaré le ministre espagnol de l'Economie, Carlos Cuerpo, lors du sommet, soulignant l'importance de dynamiser les échanges commerciaux et les investissements, particulièrement dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et de la finance.

Mme Sheinbaum a, pour sa part, remercié M. Sanchez pour son invitation et a noté qu'il "n'y a pas de crise diplomatique (avec l'Espagne) ; il n'y en a jamais eu".

Le mois dernier, son administration a invité le roi d'Espagne Felipe VI à assister à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde en juin prochain, un signe de dégel après qu'elle l'eut écarté de sa propre cérémonie d'investiture l'année dernière.

Felipe VI a reconnu le mois dernier les abus du passé colonial de son pays, nuançant ainsi le refus antérieur du monarque de présenter des excuses pour les exactions de l'ère coloniale.

L'Espagne a régné sur l'un des plus vastes empires au monde entre le XVIe et le XVIIIe siècle, s'étendant sur cinq continents, dont une grande partie de l'Amérique latine, où la domination coloniale a été marquée par le travail forcé, l'expropriation des terres et la violence contre les peuples autochtones.