Un tribunal d'Eswatini a statué que les cinq premiers migrants transférés par l'administration Trump vers le royaume africain ont droit à un avocat, après s'être vu refuser toute assistance juridique lors de leur transfert des États-Unis vers une prison swazie en juillet.

La cour a rejeté l'argument du gouvernement selon lequel les détenus n'avaient pas spécifiquement demandé à être représentés par l'avocat spécialisé en droits de l'homme Sibusiso Nhlabatsi. Ce dernier tentait de défendre le dossier des migrants sans pouvoir entrer en contact avec eux.

"Il ne peut y avoir de préjudice réel à accorder au défendeur l'accès aux détenus", ont tranché les trois juges dans une décision consultée par Reuters.

"S'ils ne souhaitent pas voir le défendeur, (ils peuvent) le lui dire en face", ont-ils précisé.

Ces détenus font partie d'un groupe d'au moins 19 migrants originaires de pays tiers - d'Afrique, d'Asie et des Amériques - que l'administration Trump a expulsés vers l'Eswatini dans le cadre de sa politique de fermeté migratoire. D'autres pays ont également accueilli des migrants expulsés des États-Unis.

Le jugement ne s'applique qu'aux cinq premiers arrivants, la procédure ayant été initialement lancée en leur nom, bien qu'elle puisse faire jurisprudence pour les autres. L'Eswatini, une monarchie absolue dirigée par le roi Mswati III, n'a libéré que deux détenus à ce jour : un Jamaïcain l'année dernière et un Cambodgien le mois dernier.

Des avocats en Eswatini et aux États-Unis contestent la légalité de l'accord de 5,1 millions de dollars conclu entre les deux pays. Cet accord a conduit à l'incarcération des expulsés dans cette nation d'Afrique australe, alors même qu'ils avaient déjà purgé leurs peines pour les crimes commis sur le sol américain.

Le mois dernier, la Haute Cour a débouté un recours déposé par un avocat local des droits de l'homme qui contestait la validité même de l'accord, bien que ce dernier ait fait appel.