Certains employeurs prévoient de mettre fin à la prise en charge des médicaments de la classe des GLP-1 pour la perte de poids l'année prochaine. L'augmentation du nombre de bénéficiaires annule en effet les économies générées par la baisse des prix du Wegovy de Novo Nordisk, ainsi que du Zepbound et du Foundayo d'Eli Lilly.

Selon le Business Group on Health (BGH), un groupe de recherche sur les politiques de santé pour les grandes entreprises, environ 10 % des employeurs qui remboursent actuellement ces traitements prévoient d'y mettre fin en 2027.

Une seconde enquête menée par le cabinet de conseil en avantages sociaux Mercer indique que 5 % des grandes entreprises — définies comme employant plus de 500 personnes — prévoient de supprimer cette couverture en 2027.

Mercer précise que 44 % des entreprises de plus de 500 salariés couvrent actuellement les traitements contre l'obésité. Les données du Business Group on Health montrent quant à elles que 67 % des grands employeurs prendront en charge les GLP-1 en 2026.

L'assureur santé Cigna a cessé de rembourser ces traitements pour ses propres employés depuis juillet, comme l'a rapporté Reuters ce mois-ci, précisant que ces derniers pouvaient se procurer les médicaments par d'autres canaux.

Les nouvelles versions de ces traitements sous forme de comprimés, ainsi que les injections de Novo et Lilly, sont disponibles sur les sites web des fabricants à des tarifs préférentiels. Cette baisse de prix résulte d'un accord avec l'administration Trump via son site TrumpRx.gov.

En janvier, Novo a lancé la version orale du Wegovy, tandis que Lilly a commencé la commercialisation de son comprimé Foundayo en avril. Ces deux traitements sont proposés à partir d'environ 149 dollars par mois.

Lauren Remspecher, directrice au sein du Purchaser Business Group on Health, souligne que de nombreux employeurs s'inquiètent de ne pas bénéficier des mêmes économies via leurs contrats avec les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (Pharmacy Benefit Managers - PBM) — ces intermédiaires qui négocient les prix pour les grandes entreprises et les régimes de santé — que les clients achetant directement au comptant.

« L'un des avantages de la transparence accrue sur les prix de vente directe et les tarifs négociés par le gouvernement est que les employeurs peuvent désormais constater l'ampleur des surcoûts qu'ils supportent et identifier des marges d'amélioration », explique Mme Remspecher.

UNE DEMANDE DOPÉE PAR LES COMPRIMÉS

Selon cinq experts du secteur, la demande pour ces médicaments a bondi cette année grâce aux options orales, attirant des patients qui n'avaient jamais testé les GLP-1, ce qui maintient les coûts à un niveau élevé pour les employeurs.

Plusieurs spécialistes notent que les employeurs observent une utilisation à long terme de ces traitements et un bassin de patients éligibles bien plus large que pour d'autres thérapies.

Il a été démontré que le Foundayo et le Wegovy réduisent le poids de 11 % et 14 % respectivement. Bien que ces résultats soient inférieurs à ceux des versions injectables, ces comprimés ont la préférence des patients craignant les aiguilles.

« Même si nous avons constaté une baisse du coût unitaire, la population de patients ne cesse de croître », analyse Louis Zollo, responsable de la pratique pharmaceutique chez Segal, un cabinet de conseil en santé.

Le cabinet de conseil Aon a observé un transfert des utilisateurs de versions injectables vers les versions orales, ainsi que l'arrivée de nouveaux patients optant d'emblée pour les comprimés. Aon prévoit également une diminution de la couverture des GLP-1 l'année prochaine.

Dan Mendelson, PDG de Morgan Health, l'unité de santé de JPMorgan, estime que les comprimés devraient faire baisser le coût des traitements individuels cette année.

« Mais chaque année, le marché va croître », tempère-t-il. « Il y aura de plus en plus de personnes sous traitement, donc globalement, cela reste un facteur de coût majeur pour les employeurs. »