Une juge fédérale a ordonné vendredi à l'administration Trump de réinstaller les expositions et la signalétique portant sur des thèmes tels que l'esclavage et le changement climatique. Ces éléments avaient été retirés des parcs et monuments nationaux au motif qu'ils ne « correspondaient pas au récit privilégié » du gouvernement.
La juge du tribunal de district des États-Unis à Boston, Angel Kelley, a rendu une injonction préliminaire à la demande de groupes représentant des défenseurs de l'environnement, des historiens et des scientifiques. Elle a affirmé que les actions du département de l'Intérieur des États-Unis sous l'administration Trump créaient un « dangereux précédent de censure et d'aseptisation ».
La National Parks Conservation Association (NPCA), l'American Association for State and Local History (AASLH) ainsi que quatre autres organisations soutenaient que le département de l'Intérieur avait retiré ces supports en violation des mandats du Congrès régissant l'exploitation des 433 sites des parcs nationaux.
La juge Kelley a abondé dans leur sens, estimant que le gouvernement avait retiré, sans autorisation, des dizaines de panneaux liés au changement climatique, aux droits civiques et à la diversité des communautés sur des sites gérés par le National Park Service (NPS). Elle a souligné que ces actions contrevenaient au National Park Service Organic Act, au National Park Service Centennial Act ainsi qu'au National Parks Omnibus Management Act.
« L'histoire ne peut être racontée fidèlement si l'on exclut les expériences de communautés dont les contributions, les luttes et les accomplissements constituent une part importante de l'histoire de notre nation », a-t-elle écrit.
Nommée par le président démocrate Joe Biden, la juge Kelley a ordonné la restauration des panneaux et des expositions sous 21 jours, afin d'« honorer dignement les réalisations remarquables des États-Unis d'ici le 250e anniversaire » du pays.
Dans un communiqué, le département de l'Intérieur a qualifié Angel Kelley de « juge activiste libérale » et a indiqué examiner ses options pour faire appel de la décision.
L'action en justice contestait la mise en œuvre par le secrétaire à l'Intérieur, Doug Burgum, d'un décret signé par le président républicain en mars 2025. Ce texte visait ce que Donald Trump qualifie de « mouvement révisionniste » présentant les États-Unis comme « intrinsèquement racistes, sexistes, oppressifs ou irrémédiablement défaillants ».
Le décret de Donald Trump enjoignait au département de l'Intérieur de modifier les parcs et monuments pour corriger toute « révision mensongère de l'histoire » qui, selon la Maison-Blanche, se serait produite ces dernières années.
Parmi les éléments retirés figuraient une exposition au Independence National Historical Park de Philadelphie décrivant George Washington, premier président des États-Unis, comme propriétaire d'esclaves, ainsi qu'une signalétique détaillant les menaces climatiques à Fort Sumter, en Caroline du Sud.
La juge Kelley a cité ces exemples parmi de nombreux autres supports retirés sous l'administration Trump car ils « ne s'alignaient pas sur son récit privilégié, racontant ainsi des demi-vérités ».
Skye Perryman, dont l'organisation juridique libérale Democracy Forward représentait les plaignants, a déclaré que la décision de la juge Kelley « ne se contente pas d'arrêter la censure, mais reconnaît la nécessité de restaurer les expositions que l'administration avait déjà illégalement supprimées ».