Le moral des constructeurs de maisons individuelles aux États-Unis s'est amélioré de manière inattendue en mai, bien que l'humeur des entreprises du secteur demeure morose. Le conflit en Iran alimente en effet les pressions inflationnistes, faisant grimper aussi bien le prix des matériaux de construction que les taux hypothécaires des acquéreurs.

L'indice du marché du logement de la National Association of Home Builders (NAHB)/Wells Fargo a progressé à 37 ce mois-ci, contre 34 en avril, marquant ainsi un 25ème mois consécutif sous le seuil d'équilibre de 50. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un indice inchangé par rapport au creux de sept mois atteint le mois dernier à 34.

'Le marché immobilier reste atone, car la hausse des taux hypothécaires, l'augmentation des prix de l'essence et l'incertitude économique liée à la guerre en Iran continuent de peser sur la demande des acheteurs', a déclaré dans un communiqué Bill Owens, président de la NAHB et constructeur-rénovateur à Worthington, dans l'Ohio.

Les conditions d'accessibilité à la propriété s'étaient améliorées en début d'année, le taux d'intérêt des prêts hypothécaires fixes à 30 ans étant retombé sous la barre des 6 % fin février - son plus bas niveau depuis septembre 2022 - selon Freddie Mac. Toutefois, à la fin du mois, les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l'Iran. La flambée des prix du pétrole qui en a résulté a ravivé les pressions inflationnistes, propulsant les rendements des bons du Trésor américain, qui servent de référence aux prêts immobiliers, à leur plus haut niveau depuis environ 15 mois. Le coût du crédit immobilier s'est envolé depuis lors et devrait poursuivre son ascension.

'Les récentes hausses des taux d'intérêt à long terme continueront de freiner la demande des acheteurs', a précisé Robert Dietz, économiste en chef de la NAHB. 'Bien que certains marchés régionaux, notamment dans certaines parties du Midwest, affichent une résistance relative, le marché du logement reste confronté à d'importants défis en matière de solvabilité.'

Environ 32 % des constructeurs ont réduit leurs prix en mai, contre 36 % en avril, avec une baisse moyenne de 6 % contre 5 % le mois précédent. Le recours aux incitations commerciales s'est établi à 61 % en mai, contre 60 % en avril, se maintenant au-dessus du seuil des 60 % pour le 14ème mois consécutif.

La composante de l'enquête mesurant les conditions de vente actuelles a progressé de 37 à 40, tandis que celle des perspectives de ventes a grimpé de 42 à 45. L'indicateur mesurant le flux d'acheteurs potentiels a augmenté de 22 à 25.

Le marché immobilier américain reste toutefois sur la défensive.

Les ventes de logements anciens - de loin le segment le plus important du marché résidentiel - stagnent autour d'un rythme annuel de 4 millions d'unités, une cadence qui rappelle le marasme du marché lors du point bas de la crise financière de 2007-2009. Parallèlement, les ventes de logements neufs ont débuté l'année à un plus bas de trois ans avant de montrer des signes d'amélioration en février et mars. Les données pour le mois d'avril sont attendues fin mai.

Jeudi, le Bureau du recensement publiera les chiffres des mises en chantier et des permis de construire pour avril, des données qui ont récemment envoyé des signaux encore plus contradictoires sur l'état de la construction résidentielle. Les mises en chantier de maisons individuelles ont bondi en mars pour atteindre leur plus haut niveau en plus d'un an, mais la délivrance de nouveaux permis de construire - indicateur de l'activité future - a fortement chuté, suggérant que la reprise de la construction neuve pourrait être de courte durée.