Le président Donald Trump entamera des déplacements hebdomadaires à travers les États-Unis pour s'adresser aux électeurs en amont des élections de mi-mandat de novembre, débutant mardi par une étape dans l'Iowa, a annoncé la cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles.

Le discours dans l'Iowa portera sur l'économie et l'énergie, a précisé Wiles aux journalistes lors du voyage vers Davos, en Suisse. Les membres du cabinet intensifieront également leurs déplacements intérieurs dans les mois à venir, a-t-elle ajouté.

Ce regain de mobilité intervient alors que la frustration monte parmi les hauts conseillers de la Maison Blanche et les parlementaires républicains face à l'accent mis par Trump sur la politique étrangère, au détriment des questions économiques et de santé qui dominent cette année électorale.

Les sondages d'opinion montrent que les Américains sont généralement insatisfaits de la gestion de l'économie par Trump. Le président a reconnu, lors d'un entretien avec Reuters la semaine dernière, que son parti républicain pourrait peiner à conserver sa fragile majorité au Congrès, les partis présidentiels subissant traditionnellement des pertes lors des élections de mi-mandat.

L'attention de Trump portée sur la politique étrangère s'est traduite par une opération militaire ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, une rhétorique accrue sur la prise du Groenland, des négociations visant à mettre fin à la guerre de la Russie en Ukraine, ainsi que la promotion d'un ambitieux Conseil international de la Paix, censé résoudre les conflits à l'échelle mondiale.

Mercredi, Trump a exclu le recours à la force dans sa volonté de contrôler le Groenland, mais a déclaré lors d'un discours devant les dirigeants mondiaux à Davos qu'aucun autre pays ne pouvait garantir la sécurité de ce territoire danois. Ses propos ont éclipsé un discours qui devait pourtant porter principalement sur l'économie américaine.

Trump peine à faire passer un message sur le pouvoir d'achat qui trouve un écho auprès des électeurs, et ses conseillers comme ses alliés redoutent un effet boomerang en novembre, la politique étrangère étant rarement un sujet porteur lors des élections législatives américaines. Bien que Trump ne soit pas lui-même candidat en novembre, les républicains le considèrent comme leur meilleur porte-parole sur l'économie et comptent sur lui pour convaincre les électeurs sceptiques. 

Près de 36% des Américains approuvent la gestion de l'économie par Trump, selon un récent sondage Reuters/Ipsos. Ce chiffre reste bien en deçà de son taux initial de 42% sur cette question lors de son entrée en fonction l'année dernière, mais marque une hausse par rapport au creux de 33% enregistré en décembre.

Ces derniers jours, la Maison Blanche s'est empressée de proposer aux Américains une série de mesures économiques populistes destinées à atténuer les inquiétudes liées au coût de la vie.

Trump a ainsi proposé de plafonner les taux d'intérêt des cartes de crédit à 10%, d'interdire aux grands investisseurs d'acheter des logements familiaux, et a demandé aux organismes hypothécaires publics Fannie Mae et Freddie Mac de racheter pour 200 milliards de dollars d'obligations hypothécaires afin de faire baisser les taux d'intérêt immobiliers.

Une demi-douzaine d'économistes et de prêteurs interrogés par Reuters ont exprimé leur scepticisme quant à la capacité des récentes propositions économiques de Trump à réduire significativement le coût de la vie d'ici les élections de novembre, certains estimant même qu'elles pourraient avoir l'effet inverse.