L'unité, qui produit des équipements d'habitacle - notamment des consoles centrales, des panneaux de porte et des tableaux de bord pour les constructeurs automobiles - est cédée sur la base d'une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros, soit un peu moins d'un cinquième de la valeur d'entreprise totale du groupe.
Elle réalisait 4,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, ce qui place le multiple de la transaction à x0,4 ses ventes et environ x5 l'EBITDA. À titre de comparaison, Forvia est présentement valorisé à x0,3 son chiffre d'affaires et x3 son EBITDA.
L'équipementier conserve un portefeuille d'activités centré sur les sièges automobiles et l'électronique. D'ici 2028, il ne projette pas de croissance mais vise une marge d'exploitation de 6 à 7% - sur une base ajustée, s'entend. On mesure ici combien tout se joue à un cheveu dans une activité industrielle aussi exigeante.
Le renforcement de son partenariat avec les constructeurs chinois au niveau commercial, et le désendettement progressif de son bilan au niveau financier restent les deux priorités stratégiques de Forvia, qui - une fois ajusté pour la transaction - affiche toujours une capitalisation boursière de 2 milliards d'euros et une valeur d'entreprise de 7 milliards.
Au long de ces deux dernières années de stress extrême pour le secteur automobile, le cash flow libre du groupe atteignait 635 millions d'euros en 2024, et 924 millions en 2025. Toutes choses égales par ailleurs, si cette tendance se poursuivait et que l'intégralité des cash flows libres était orientée vers son désendettement, Forvia devrait être en mesure d'atteindre son objectif de ratio de solvabilité de x1,2 l'EBITDA d'ici deux ans.
C'est seulement passé ce cap que les actionnaires pourront éventuellement s'attendre à le voir de nouveau en mesure de leur retourner du capital via des dividendes ou des rachats d'actions. Le marché, lui, n'a bien sûr pas cette patience, si bien qu'il continue de valoriser Forvia avec une importante décote sur ses pairs sectoriels.
Il est à souhaiter qu'aucun développement imprévu ne vienne enrayer la bonne marche du plan de restructuration du groupe, pour l'instant mené avec une grande habilité, que nous assimilions l'an dernier au nettoyage des écuries d'Augias. Une certitude est qu'il devra composer à l'avenir avec un coût du financement plus élevé qu'au long du dernier cycle.


















