Ceci découle de la baisse de 20% des revenus du segment Eleclink. Le gros du morceau — Eurotunnel, qui représente les trois quarts du chiffre d'affaires consolidé - boucle lui un exercice satisfaisant, avec des revenus en hausse de 4% malgré des volumes en baisse sur le fret.

Le management anticipe cependant un profit d'exploitation avant amortissements - ou EBITDA - supérieur à l'objectif annoncé au printemps dernier, grâce surtout à l'accord trouvé avec les compagnies d'assurances qui couvraient une potentielle perte d'exploitation d'Eleclink l'an dernier.

Getlink est entré dans une nouvelle dimension en 2022 avec la mise en service de ce second pilier en complément de ses activités historiques de péage ferroviaire. Sorte d'autoroute électrique ultra rentable, s'il produit des résultats volatiles, ElecLink - une interconnexion électrique UK–France - n'en demeure pas moins très lucratif.

Depuis sa mise en service, cette nouvelle infrastructure a permis d'augmenter le chiffre d'affaires du groupe et son profit d'exploitation de 60% environ. Il est par ailleurs remarquable que son installation et son amorçage furent somme toute très peu capitalistiques.

C'est donc un bon coup pour Getlink et son premier actionnaire, le groupe Eiffage, qui contrôle 27% du capital, et a récemment augmenté sa participation d'un tiers supplémentaire.

Historiquement excellente à tous les égards, la génération de cash devrait demeurer telle quelle en 2025 - le détail des comptes 2025 n'a pas encore été dévoilé, mais il n'y a pas matière à inquiétude ici. En cela, le dividende est très largement couvert par le cash flow ; l'avis des analystes de Zonebourse est qu'il pourrait être augmenté prochainement.

En parallèle, le groupe conserve un bon bilan, avec des ratios de solvabilité typiques des sociétés exploitant des infrastructures résilientes, stratégiques et virtuellement non reproductibles. Ici aussi, l'entrée en service d'Eleclink a été une étape transformatrice puisqu'elle a permis au groupe de normaliser des ratios de solvabilité autrefois dans le rouge vif.

Au contraire d'autres actifs de cette nature, la valorisation de Getlink reste étonnamment peu indexée au contexte de taux. Dans un monde où l'obligation souveraine française à dix ans paie 3,5%, l'allemande 2,9%, la britannique 4,5% et l'américaine 4,2%, on note que les investisseurs accordent plus de confiance à la solvabilité du groupe qu'à celles de la couronne britannique ou du trésor américain.