Sylvain Bechet, la "justesse des choix stratégiques" a été mise en avant par la direction à l’occasion de la présentation de ces résultats annuels. Quelles sont ces options stratégiques qui ont été retenues par GL Events ?
"Le choix de continuer d’investir dans des actifs Venues de qualité, en particulier en France et en Amérique du Sud (Brésil et Chili), est en train de payer, après avoir pesé sur notre structure financière et notre ROCE. Aujourd’hui, nous nous apercevons que la qualité des actifs évènementiels de notre soixantaine de sites tire vers le haut nos performances. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus raisonnés dans nos choix d’investissement dans l’activité Live, de telle sorte que ces équipements (tribunes, structures temporaires, armoires de distribution, générateurs…) tournent de plus en plus. Cela s’est vérifié très concrètement depuis les JO de Londres 2012 pour lesquels nous avions investi 60M€ pour 60M€ de CA. Depuis, le ratio s’est amélioré de façon spectaculaire à l’occasion de Paris 2024 puis de Milan Cortina 2026. Nous avons bien fait de nous concentrer sur l’acquisition d’actifs déplaçables, modulables, et donc réutilisables car standardisés, ce qui mécaniquement améliore la rentabilité de nos pôles Live et Venues."

Positionnement du groupe (source : GL Events)
Quelles sont vos priorités en matière de croissance, interne ou externe, d’un pôle ou de l’autre ? Quels types d’arbitrages faites-vous ?
"Notre croissance est historiquement équilibrée entre l’organique et les acquisitions. Chacun de nos pôles est dirigé par un business developer dont l’objectif principal est la croissance de l’activité, car il faut sans cesse aller chercher des affaires dans nos métiers. Ensuite, le siège arbitre en faveur des projets les plus relutifs pour chaque pôle et pour l’ensemble du groupe, sachant que le schéma idéal consiste à entrer sur un site via l’activité salons (pôle Exhibition), puis que notre pôle Venues gère ce site et enfin que le pôle Live y offre ses prestations de services. Nous avons récemment fortement investi sur le pôle Venues avec la construction d’un second parc au Brésil et en reprenant la concession du Stade de France, qui nécessitera de réaliser des travaux importants à partir de 2027. Par ailleurs, nous sommes actuellement dans une phase de croissance externe mesurée, la principale acquisition dans les tuyaux étant celle de Fimalac Entertainment et ses 25 salles évènementielles reprises. En espérant que l’autorité de la concurrence donne son aval, cela représentera un apport de CA annuel de 50 M€ pour un montant investi légèrement inférieur."

Evolution du CA et des résultats opérationnels depuis 2022 (source : présentation GL Events du 5 mars 2026)
Quels sont vos principaux projets d’investissements pour l’année en cours, à la fois dans la croissance interne et externe ?
"Notre enveloppe d’investissements sera relativement stable en 2026, soit autour de 80 M€ composés de 30 M€ sur Live dans le renouvellement d’actifs, 40 M€ sur Venues (entretien, rénovation et construction du nouveau parc à Eurexpo à Lyon), 3 à 4ME en IT. Concernant la croissance externe, notre capacité d’endettement est redevenue très substantielle, mais nous devrions nous limiter à des cibles de taille modeste en plus de celles déjà annoncées."
Quelle proportion du chiffre d’affaires est reconduite d’année en année ou tous les deux ans s’agissant des biennales ?
"Sur le pôle Live, nous calculons que le CA est récurrent à 50-60%, sur l’Exhibition, ce sont 60 à 70% des exposants qui reviennent d’un salon sur l’autre, et enfin sur Venues, la récurrence est de l’ordre de 50/55%."
Quelle est l’impact direct de la guerre au Moyen-Orient sur vos activités ? Que surveillez-vous particulièrement ?
"Cette zone géographique représente un peu plus de 3% de notre CA, principalement réalisé à Dubaï et Ryad où nos collaborateurs font l’objet de toute notre attention. L’activité étant limitée en cette période de ramadan, les conséquences économiques sont à ce stade non significatives à l’échelle du groupe."
La reprise du Stade de France est-elle déjà un succès d'un point de vue financier ou il est encore bien trop tôt pour le dire?
"C’est encore trop tôt. Sur 2025, nous avons pris les rênes tardivement, ce qui a limité le nombre d’évènements. 2026 et 2027 s’annoncent déjà intenses, avec déjà de nombreuses dates sécurisées, sachant qu’une phase de travaux 2027-2030 sera nécessaire avant d’atteindre le plein potentiel en 2030-2031. Nous pourrons alors mieux juger de la réussite financière de ce magnifique site."
L’élargissement de votre fonction au sein de la direction signale-t-elle une prise de recul de la part du fondateur, Olivier Ginon ? Est-ce que des enfants de M. Ginon occupent des responsabilités opérationnelles dans l’entreprise ?
"Le groupe a changé de taille ces dernières années, ce qui a fait émerger un besoin de structuration de la direction. Olivier Ginon va pouvoir se focaliser sur la stratégie, le pilotage global du Groupe, le développement et l’accompagnement des projets majeurs. Certains de ses enfants sont très impliqués opérationnellement, et notamment Inès qui est en charge des activités asiatiques et Marc-Antoine des activités Sport, en outre Anne-Sophie est DG déléguée de Polygone SA, la holding de contrôle du Groupe."

Evolution des marges et de la rentabilité depuis 2022 (source : présentation GL Events du 5 mars 2026)



















