En 2025, la conjoncture économique morose vaut à Guillin une croissance de son chiffre d'affaires de seulement 1,7%, malgré le round d'acquisitions le plus important depuis l'exercice 2021.

Plus en aval dans le tableau, la faute à un contexte fortement inflationniste, la structure de coûts d'exploitation augmente elle de 6,1%, et entraîne donc une contraction de 13,9% du profit d'exploitation, avec, signe des temps, une marge sur ses plus bas à dix ans.

Guillin, qui n’en reste pas moins parfaitement piloté et capitalisé, a réalisé cette année un programme d'investissement record dans ses immobilisations. Avec les acquisitions, c'est la totalité du cash-flow d'exploitation qui est réinvestie dans l'activité.

A cet égard, comme bien anticipé par le marché depuis des mois, le dividende proposé à la prochaine assemblée générale de juin sera réduit de 10%.

Structurellement décoté en bourse, notamment à cause d'un flottant réduit à peau de chagrin - la famille fondatrice contrôle les deux tiers du capital, et les fonds "value " Amiral et Indépendance & Expansion un peu moins d'un dixième à eux deux - Guillin n'a pas à rougir de sa performance de croissance à dix ans. Néanmoins, privé de pricing power, il subit de plein fouet le retour de l'inflation.

Par ailleurs, les presque deux cent millions d'euros investis sur la dernière décennie dans sa stratégie de croissance externe, s'ils ont permis de diversifier l'offre au-delà du plastique, et de soutenir l'expansion de l'activité, n'ont pour l'instant pas généré de gains tangibles en matière de profits ; la création de valeur reste donc à démontrer.

La capitalisation boursière du moment équivaut à un multiple de 0,6 fois les capitaux propres, proche des plus bas historiques touchés durant la crise des subprimes, de l'euro ou du covid. À moins de quatre fois l'EBITDA, Guillin est aussi valorisé avec une décote d'au moins 50% sur les multiples de M&A observés en Europe dans le secteur de l'emballage.