Les ambassadeurs de France, d'Allemagne et du Royaume-Uni à Moscou ont rencontré jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères pour condamner la récente escalade du conflit en Ukraine. Selon le ministère français des Affaires étrangères, ils ont également réaffirmé leur soutien aux pourparlers entre Kiev et Moscou, appuyés par les États-Unis et l'Europe. Cette rencontre fait suite aux discussions tenues à Londres dimanche dernier, au cours desquelles les dirigeants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni — le groupe dit « E3 » — ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky et soutenu son appel à un cessez-le-feu. Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que le vice-ministre Mikhaïl Galouzine a accusé les trois pays de mener une « politique destructrice » concernant la guerre en Ukraine. S'exprimant à l'issue de la réunion à Moscou, Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a déclaré que les ambassadeurs avaient profité de ces échanges pour réitérer leurs préoccupations, « déplorant l'escalade récente de la Russie et l'intensification de ses campagnes de manipulation de l'information dans le cadre de son agression contre l'Ukraine ». De tels entretiens entre diplomates occidentaux et hauts responsables russes sont devenus rares depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé que Mikhaïl Galouzine avait présenté aux diplomates une « évaluation objective de la politique destructrice menée par les dirigeants de leurs pays respectifs », visant selon lui à encourager Kiev à poursuivre le conflit avec le soutien de l'Occident. Lors de la réunion de dimanche à Downing Street, les dirigeants européens et Volodymyr Zelensky ont convenu que la ligne de contact actuelle entre les forces russes et ukrainiennes devrait constituer le point de départ des négociations. Ils ont également soutenu le principe de garanties de sécurité juridiquement contraignantes pour l'Ukraine, incluant le déploiement éventuel d'une force multinationale. Ils ont en outre affirmé que les avoirs financiers russes gelés devraient rester immobilisés jusqu'à ce que Moscou indemnise Kiev pour les dommages de guerre. Le président russe Vladimir Poutine maintient sa position de fermeté sur le conflit, tout en suggérant la semaine dernière que les propositions de paix du président américain Donald Trump pourraient contribuer à mettre fin aux combats. S'adressant à des journalistes étrangers à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine s'est dit prêt à dialoguer avec les responsables politiques européens, tout en estimant que ces derniers n'étaient pas les interlocuteurs appropriés pour arbitrer une issue à la guerre.