Washington (awp/afp) - La Bourse de New York évoluait en ordre dispersé vendredi, les investisseurs affichant un optimisme prudent concernant la tenue de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan, avec l'espoir d'une trêve durable.

Vers 16h15, le Dow Jones reculait de 0,32%, l'indice Nasdaq prenait 0,29% et l'indice élargi S&P 500 grappillait 0,10%.

"Les échanges boursiers observés jusqu'à présent cette semaine reposent sur l'espoir que le pire du conflit soit passé", assure Patrick O'Hare, de Briefing.com. La place américaine a notamment profité de la dégringolade des cours du pétrole mercredi, et de leur relative stabilisation depuis.

Le vice-président américain JD Vance a dit vendredi vouloir des "négociations positives" avec l'Iran, avant d'embarquer à bord d'Air Force Two pour aller au Pakistan, où les pourparlers sont prévus. En revanche, Téhéran n'a pas confirmé la tenue de ces discussions et le premier grand bulletin d'information vendredi matin à la télévision d'Etat n'a fait aucune mention des négociations.

"C'est intéressant, les investisseurs restent optimistes quant au fait que les négociations aboutiront à une résolution assez rapide et, par conséquent, à une baisse rapide des prix de l'énergie", note auprès de l'AFP Christopher Low, de FHN Financial. "La principale source d'inquiétude réside dans les répercussions durables que cette guerre aura sur l'économie mondiale", ajoute M. O'Hare.

La guerre au Moyen-Orient a déjà un fort impact sur l'inflation aux Etats-Unis selon des données officielles publiées vendredi. L'indice CPI a ainsi progressé de 3,3% sur un an en mars, contre 2,4% le mois précédent. Ce bond n'a pas pris par surpris le marché, qui s'y attendait.

"La durée de la guerre est déterminante, tout comme l'importance cruciale du détroit d'Ormuz, car si le choc d'offre est temporaire, l'économie pourra surmonter cette tempête" et la banque centrale américaine pourra diminuer ses taux après l'été, juge Chris Zaccarelli, de Northlight Asset Management.

Autrement, l'institution monétaire "n'aura d'autre choix que de rester les bras croisés pendant toute l'année", ajoute-t-il. La banque centrale des États-Unis vise une hausse des prix limitée à 2%, un objectif qu'elle n'a plus atteint depuis cinq ans en raison d'une succession de chocs (pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, droits de douane).

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à 10 ans des emprunts de l'Etat américain se tendait par rapport à la veille en clôture, à 4,30% vers 16h00, contre 4,28%.

Côté entreprises, le taïwanais TSMC (+2,99% à 376,41 dollars), premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, était porté par ses résultats trimestriels records. Pour les trois premiers mois de 2026, l'entreprise a généré un chiffre d'affaires de plus de 35 milliards de dollars, soit un bond de 35% par rapport à l'année précédente.

L'éditeur de logiciels ServiceNow (-6,18% à 84,26 dollars) reculait fortement après une dégradation de sa recommandation par UBS. Le groupe bancaire suisse estime que ServiceNow n'est plus si bien positionné pour résister aux turbulences de l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA).

Depuis le début de l'année, le secteur a été largement chahuté par les craintes de voir l'IA mettre à mal son modèle économique. Les grands noms du logiciel ont perdu en quelques mois 30% à 50% de leur capitalisation boursière.

afp/vj