Honda Motor va réduire drastiquement sa production de véhicules thermiques en Chine en fermant l'une de ses usines en coentreprise cette année, et potentiellement une seconde l'an prochain, ont indiqué deux sources proches du dossier, illustrant les difficultés du constructeur sur le premier marché automobile mondial.

Le deuxième constructeur japonais cessera en juin les opérations de l'un des deux sites de production de voitures à essence gérés conjointement avec Guangzhou Automobile Group (GAC), ont précisé ces sources. Honda envisage également de suspendre l'activité d'une autre usine détenue avec Dongfeng Motor Group l'année prochaine, ont-elles ajouté sous couvert d'anonymat, les informations n'ayant pas été rendues publiques.

Ce mouvement marquerait un nouveau recul de Honda sur l'un de ses marchés clés, alors que les constructeurs traditionnels perdent du terrain face à l'agilité des fabricants chinois de véhicules électriques et se voient contraints de réduire leurs activités historiques dans le thermique.

Honda a déclaré que ces informations n'avaient pas été communiquées par l'entreprise et qu'elle n'avait rien à ajouter. GAC et Dongfeng n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires. Le magazine japonais Toyo Keizai avait rapporté plus tôt vendredi que Honda prévoyait de fermer les deux usines.

Honda dispose de six usines de production via ses deux coentreprises en Chine. Chaque partenaire exploite deux sites dédiés aux moteurs à combustion interne d'une capacité de 240 000 véhicules par an chacun, ainsi qu'une unité plus petite dédiée aux véhicules électriques.

La fermeture d'une usine thermique chez chaque partenaire diviserait par deux la capacité de production de Honda en Chine pour les véhicules à essence, passant de 960 000 à environ 480 000 unités par an, et ramènerait sa capacité annuelle totale de 1,2 million à environ 720 000 véhicules.

RESTRUCTURATION GLOBALE

Ce repli fait suite à l'annonce par Honda, le mois dernier, d'une dépréciation de la valeur de ses activités en Chine dans le cadre d'une refonte globale de sa stratégie électrique, incluant jusqu'à 15,7 milliards de dollars de coûts de restructuration.

Ces charges devraient conduire le constructeur à sa première perte annuelle en près de 70 ans d'existence en tant que société cotée.

Honda peine à rivaliser en Chine avec les véhicules électriques ultra-connectés de concurrents tels que BYD.

Ses ventes dans le pays ont chuté d'environ 24% en 2025 par rapport à l'année précédente, pour s'établir à un peu moins de 647 000 véhicules. Ce résultat représente près de la moitié des 1,2 million de voitures vendues en Chine en 2023.

Honda avait déjà abaissé sa capacité de production annuelle en Chine de 1,49 million à 1,2 million d'unités au cours des dernières années.

L'une des deux sources a précisé que les usines de véhicules électriques de Honda à Guangzhou et Wuhan commenceraient à produire des modèles électriques et hybrides rechargeables développés sous l'égide de ses partenaires chinois à partir de 2028 ou plus tard.

GAC et Dongfeng font partie des constructeurs chinois qui intensifient leurs exportations de véhicules produits localement vers des marchés tels que l'Europe, l'Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l'Afrique, les deux entreprises s'étant fixé des objectifs de ventes à l'international agressifs pour cette année.

L'action Honda progressait de 0,5% en fin de séance, surperformant l'indice Nikkei qui reculait de 1,0%.