Les small et mid caps européennes n’ont cependant pas été exclues de la fête en 2025 puisque l'Euro Stoxx Small a légèrement surpassé le Stoxx 50. En France, le CAC Mid & Small a également dépassé le CAC 40, une première depuis 2020. Pour autant, nous n’avons pas observé de rattrapages sur les valorisations puisque la performance est principalement due à la flambée de quelques valeurs (Abivax 1680% ; Nanobiotix : 545% ; Exail Technologies : 370% ; Exosens : 150%).
Des valorisations encore déprimées
Une dynamique de rehaussement des valorisations a bien été observée en Europe avec le cas emblématique des banques, mais les petits poucets n’ont pas encore été concernés.

Ecart de valorisation (EV/EBITDA) entre les valeurs du MSCI Europe et du MSCI Europe Small Caps au 31/12/25 (Source : ODDO BHF)
Une décote qui trouve ses explications dans un environnement macroéconomique qui a lourdement fait souffrir les moins grosses entreprises. Plus locales, plus sensibles à l’inflation, au coût de l’énergie et aux taux élevés, les petites capitalisations ont été malmenées. Elles semblent avoir perdu une prime de valorisation historiquement justifiée par leur potentiel de croissance supérieur aux entreprises plus matures.
Certains signaux macroéconomiques suggèrent pourtant que les conditions d’un rebond sont réunies.
Un cycle de taux favorable
D’abord, les taux. En effet, un cycle de taux faibles profite davantage aux Small et Mid caps qu’aux géants.
L’inflation semble sous contrôle en Europe. La BCE prévoit une inflation sous les 2% jusqu’à 2028. Parallèlement, Washington ne semble pas mécontent de voir le dollar affaibli. La devise américaine est en effet la devise la plus utilisée dans les importations européennes (51% en 2024), devant l’euro évidemment (40%). Ce phénomène allège donc l’inflation importée et permettrait donc d’éliminer une menace inflationniste en plus.
Ce contexte soutient également les stratégies de croissance externe. Des acquisitions plus simples à intégrer à l’activité et qui augmentent plus vite les revenus et les marges que les grosses fusions-acquisitions.
Une meilleure croissance des bénéfices
Ensuite, les analystes attendent une meilleure croissance bénéficiaire que les Large caps en 2026. L’an dernier, les indices européens ont connu de fortes hausses, sans même que les bénéfices n’augmentent (-1%). Si l’Europe ne perd pas de son attrait, un ruissellement vers les capitalisations plus modestes pourrait s’opérer.
Une économie qui en a sous le coude
La croissance de la zone euro a atteint 1,5% en 2025, avant même les effets de l'agressivité budgétaire en Allemagne. Après deux années de récession en 2023 et 2024, l’Allemagne devrait renouer durablement avec la croissance. En France, le taux d’épargne des ménages a atteint un record datant des années 1970 (18,7% au second trimestre 2025 contre 15,3% avant la pandémie). Un climat politique et économique plus stable, notamment sur la question des retraites, aiderait certainement à libérer ces fonds.
Le soutien de Bruxelles
Toujours dans la thèse macro-positive. Les priorités européennes (en mots-clés : souveraineté, réindustrialisation, simplification réglementaire) devraient contribuer à favoriser les entreprises à forte implantation domestique. Un climat macroéconomique plus favorable pourrait rapidement créer une spirale positive.
Dans un portefeuille, la présence de ces entreprises permet aussi une moindre exposition aux risques globaux comme les droits de douane, les ravages de l’IA ou la volatilité du dollar.
Enfin, selon les analystes de JPMorgan, la décote actuelle pourrait annoncer un nouveau cycle de surperformance des small caps, comme au début des années 2000.

Performance de l’Euro Stoxx Small, du S&P 500 et de l’Euro Stoxx 50 sur le siècle en cours
Chez Zonebourse, le spécialiste du domaine est Raphaël Girault. Chaque mois, un reporting est publié sur le site avec un état des lieux du secteur et l’évolution des portefeuilles des sociétés de gestion.




















