La holding d'État espagnole SEPI a repris les négociations en vue de fusionner Indra avec la société de défense non cotée Escribano Mechanical & Engineering (EM&E), une opération jugée stratégique par le gouvernement espagnol, a rapporté jeudi le journal El Economista.

Par cette initiative, Madrid cherche à contrer une offre concurrente du groupe allemand Rheinmetall sur EM&E en intégrant cette dernière au sein d'Indra - dont la SEPI détient 28 % du capital - précise l'article, citant des sources proches du dossier.

La structure finale de la fusion n'a pas encore été arrêtée et pourrait inclure un règlement en numéraire ainsi qu'en titres, a ajouté El Economista. Le quotidien indique qu'Indra avait précédemment examiné jusqu'à six alternatives différentes.

Indra et Rheinmetall ont refusé de commenter ces informations, tandis que la SEPI et EM&E n'ont pas répondu aux sollicitations.

Le même journal rapportait fin mars que Rheinmetall étudiait une offre préliminaire sur EM&E après l'échec des discussions avec Indra, sur fond de craintes de conflits d'intérêts. Selon El Economista, les propriétaires d'EM&E valorisent leur entreprise à au moins 2,3 milliards d'euros (2,7 milliards de dollars).

La fratrie Angel et Javier Escribano, qui détiennent chacun la moitié d'EM&E, possèdent également une participation de 14,7 % dans Indra.

Angel Escribano a démissionné de la présidence d'Indra le 1er avril dernier sous la pression du gouvernement, ce dernier s'inquiétant de l'influence croissante de la famille au sein du secteur de la défense espagnol. Son frère Javier conserve quant à lui son siège au conseil d'administration d'Indra.

Le gouvernement espagnol, via la SEPI, joue un rôle de plus en plus actif au sein des entreprises qu'il juge stratégiques. L'année dernière, il a favorisé le remplacement du PDG de Telefonica, Jose Maria Alvarez-Pallete, par Marc Murtra, qui dirigeait auparavant Indra.

(1 $ = 0,8563 euro)