Depuis un mois, les taux d’intérêt des pays du G7 ne cessent de remonter, atteignant parfois des plus hauts de plusieurs décennies.
La remontée des taux est d’abord la traduction du risque inflationniste, alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué et que les prix du baril de pétrole se maintiennent au-delà des 100 dollars.
Une situation qui devrait pousser les banques centrales à remonter leurs taux. Les investisseurs attendent des hausses de 25 points de base de la part de la Banque du Japon, de la BCE et de la Banque d’Angleterre au mois de juin. Pour la Fed, l’hypothèse d’une hausse de taux en 2026 semble aussi grandir de jour en jour.
La remontée des taux longs en particulier est aussi le résultat de déficits budgétaires élevés. Or, la crise énergétique renforce un peu plus la pression sur les finances publiques.
Selon Reuters, le gouvernement japonais prépare une nouvelle émission de dette destinée à financer un plan de soutien pour faire face aux conséquences de la crise énergétique. Dans la foulée, le taux à 10 ans a touché 2,8%, son plus haut niveau depuis octobre 1996, tandis que le 30 ans a atteint un nouveau record à 4.2%.
L’addition est aussi salée pour l’Europe, très exposée à la crise énergétique. Le Bund est par exemple au plus haut depuis 2011. Mais ce sont les Gilts qui sont au cœur de la tempête, avec un 30 ans au plus haut depuis 1998. En effet, le Royaume-Uni est de surcroît en pleine crise politique. Keir Starmer est sur la sellette après la défaite de son parti aux élections locales.
Enfin, le sell-off sur les obligations gouvernementales peut aussi être le résultat d’une concurrence avec la dette corporate. En effet, les grandes entreprises américaines de la tech ont commencé à émettre de la dette pour financer les infrastructures liées à l’IA. Or, les besoins sont très importants. Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon prévoient d’investir 725 milliards de dollars en 2026. Et ces entreprises sont peut-être perçues comme plus sûres que les gouvernements surendettés partout à travers la planète.
La grande question maintenant est de savoir combien de temps les actions pourront s’accommoder de taux élevés. En effet, les taux remontent depuis un mois sans que cela n’empêche Wall Street et toute la thématique IA de continuer leur envolée. Des taux plus élevés sont en général un frein pour les actions, puisque cela pèse sur les valorisations.
Le sell-off sur le marché obligataire sera aussi en toile de fond de la réunion des ministres des Finances du G7, qui se tient aujourd’hui à Paris.
























