L'inflation en Suisse a reculé de manière inattendue en octobre, selon les données publiées lundi par le gouvernement, sans toutefois inciter la banque centrale à envisager une baisse des taux d'intérêt, estiment les analystes.
Les prix ont augmenté de 0,1 % le mois dernier par rapport à l'année précédente, d'après les chiffres de l'Office fédéral de la statistique, contre un taux de 0,2 % en septembre.
Ce chiffre est inférieur aux prévisions, qui tablaient sur une hausse de 0,3 % selon un sondage Reuters, en raison notamment de la baisse des prix des produits alimentaires et de l'habillement.
L'inflation se situe ainsi près du bas de la fourchette cible de la Banque nationale suisse (BNS), comprise entre 0 et 2 %. La banque centrale a refusé de commenter ces chiffres lundi.
D'un mois sur l'autre, les prix suisses ont reculé de 0,3 % en octobre par rapport à septembre, principalement en raison de la baisse des tarifs des voyages à forfait internationaux et des hôtels, tandis que les coûts des transports privés ont également diminué.
Cependant, ce ralentissement ne sera pas suffisant pour pousser la BNS à abaisser ses taux d'intérêt, qu'elle a maintenus à 0 % lors de sa dernière réunion en septembre, soulignent les analystes.
« La forte baisse du taux d'inflation mensuel constitue une véritable surprise. Mais elle fait suite à plusieurs hausses inattendues ces derniers mois et s'explique en partie par la volatilité des prix des voyages à forfait, qui pourraient se normaliser dès le mois prochain », explique Karsten Junius, économiste chez J.Safra Sarasin.
« Dans l'ensemble, je ne pense pas que les données d'aujourd'hui puissent convaincre la BNS de réduire à nouveau son taux directeur. »
Ces chiffres rappellent les risques baissiers qui persistent autour de l'inflation suisse, mais ils ne justifient pas une réaction immédiate de la BNS, estime GianLuigi Mandruzzato, économiste à la banque EFG.
La Suisse devrait plutôt connaître une période prolongée de faible inflation, en raison de la faiblesse des prix intérieurs et de la vigueur du franc suisse, qui pèse sur le coût des importations.
« Au cours des prochains mois, ces facteurs resteront à l'oeuvre, reflétant la récente baisse supplémentaire des prix du pétrole et du gaz naturel européen, la nouvelle appréciation du franc suisse, et les risques de faire passer temporairement l'indice suisse des prix à la consommation (CPI) sous zéro », analyse Mandruzzato.


















