Donald Trump a conclu ce vendredi une visite d’Etat de deux jours en Chine. Beaucoup de faste, d’images impressionnantes, et de bullshit dans les discours. C’est le principe d’une visite d’Etat, me direz-vous. Mais quelques heures après le départ du président américain, il semblerait tout de même que peu de résultats concrets sortent de ces deux jours.

Nous allons donc revenir sur quelques histoires entourant l’évènement, qui, à elles seules, disent beaucoup des enjeux ou des rapports de force.

Invité de dernière minute

La semaine a commencé avec un drama autour de la venue de Jensen Huang. Le patron de Nvidia n’était pas sur la liste annoncée par la Maison Blanche. Selon Semafor, le président Trump a alors décroché son téléphone pour demander à Jensen Huang de se joindre à la délégation américaine. Mr. Huang est finalement monté à bord d’Air Force One en Alaska, au cours d’un ravitaillement.

Sa venue a créé l’espoir d’une percée sur les H200. En janvier, les Etats-Unis ont autorisé Nvidia à vendre ces puces à la Chine. Mais les autorités chinoises n’ont pas donné le feu vert à leurs entreprises pour en acheter. Le sommet s’est achevé sans avancée sur cette question.

Les deux hommes qui ont le plus fait pour la Chine

En amont du sommet, la presse américaine (et au-delà) était évidemment remplie d’articles sur les enjeux de la rencontre. Et de nombreux papiers soulignaient l’évolution du rapport de force entre les deux pays depuis la dernière visite de Donald Trump, en 2017. Celui qui a sans doute le plus marqué la rédaction de Zonebourse vient du Daily Beast. "Cette semaine, du 13 au 15 mai, les deux hommes qui ont sans doute le plus contribué, au cours de ce siècle, à faire de la Chine la nation la plus puissante du monde se rencontreront à Pékin", écrivait l’éditorialiste David Rothkopf.

Le basculement du rapport de force entre les deux pays est sans doute ce que l’on retiendra du sommet. Donald Trump est embourbé dans la guerre en Iran, qui l’affaiblit en interne tout en causant des dissensions entre les Etats-Unis et ses alliés. En face, la Chine s’affiche comme un pôle de stabilité. Surtout, la Chine a nettement musclé son jeu depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, ne cédant rien sur les droits de douane et jouant à fond de la dépendance des Occidentaux aux terres rares chinoises.

Tout à la poubelle

Si Donald Trump et Xi Jinping ont beaucoup mis en avant les liens entre les Etats-Unis et la Chine, voire les liens personnels entre les deux dirigeants, les détails nous rappellent la réalité de l’affrontement entre Etats.

Selon la journaliste Emily Goodin du New York Post, le personnel américain a jeté à la poubelle "tout ce que les responsables chinois nous ont distribué (accréditations, téléphones jetables du personnel de la Maison Blanche, badges pour la délégation)" avant de monter à bord d'Air Force One.

Sur le même thème, Donald Trump a été interrogé à bord d’Air Force One sur les cyberattaques chinoises. Le président Trump a assuré avoir dit à son homologue chinois qu’il savait que les Chinois les espionnent et que les États-Unis "espionnent comme des fous" en retour.

Au suivant

Air Force avait à peine décollé que le South China Morning Post annonçait la venue de Vladimir Poutine à Pékin le 20 mai. Le message est clair : la Chine est au centre du jeu. Le quotidien chinois présente la visite comme "s’inscrivant dans le cadre des relations habituelles entre Moscou et Pékin, sans qu'on s'attende à une parade ou à un accueil fastueux". Dit autrement, la Russie ne boxe plus dans la même catégorie que la Chine et les Etats-Unis. Donald Trump parlait l’an dernier du "G2" et Xi Jinping semble apprécier cette vision.