Les deux secteurs sont, on le sait, en profonde déprime, le premier avec le raz-de-marée de l'IA, le second depuis la remontée des taux et la récession post-pandémie. Dans le secteur de la construction, la conjoncture est si apocalyptique qu'elle dépasse en gravité celle subie durant la crise des subprimes.

Ceci nous permet à nouveau d'attirer l'attention sur le cas de Kaufman & Broad, déjà discuté précédemment dans nos colonnes dans Kaufman & Broad toujours aux prises avec une conjoncture atone. Nous y rappelions que son excellente assise financière lui assurait pour l'instant une navigation sereine en eaux agitées, et peut-être, qui sait, une solide capacité d'acquisitions à contre-cycle.

À un cours de 25 euros par titre, Zonebourse estime la valeur d'entreprise aux alentours de 400 millions d'euros, soit la capitalisation boursière de 500 millions d'euros moins environ 100 millions d'euros de trésorerie disponible. On aura pris soin de retraiter de la trésorerie les 200 millions d'euros sanctuarisés pour la réalisation du projet Austerlitz, dont la livraison est prévue l'an prochain.

Les amateurs de temps long observeront que le cours du titre du promoteur est peu ou prou au même niveau qu'il y a vingt ans. Rien d'étonnant au regard de ses fondamentaux, puisque le bénéfice par action est lui aussi identique au niveau qu'il atteignait à l'époque.

Néanmoins, sur la décennie écoulée, Kaufman & Broad a distribué 407 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires, avec quelques variations mais davantage de régularité que sur le cycle décennal précédent. Ceci est à mettre en rapport avec sa valeur d'entreprise ajustée - c'est-à-dire sa capitalisation boursière actuelle moins la trésorerie libre en excès - d'un montant équivalent comme on l’a vu.

À cet égard, le rendement sur dividende à deux chiffres ne manque pas d'allure, et c'est très assurément là le principal attrait d'un potentiel investissement dans ce leader français du secteur.

L'interview de Jean-François Delcaire est disponible ici.