BERLIN (dpa-AFX) - À la veille du « Sommet de l'acier » prévu ce jeudi à la Chancellerie, le vice-chancelier Lars Klingbeil réclame des mesures plus strictes contre la Russie. « Il faut rapidement mettre un terme complet à toutes les importations d'acier en provenance de Russie », a déclaré le responsable social-démocrate à l'agence de presse allemande dpa.

« Les brames d'acier produites en Russie et transformées ensuite dans l'Union européenne restent toujours exclues des sanctions », a critiqué Klingbeil. « Il est impossible d'expliquer aux salariés de notre industrie sidérurgique que l'Europe maintient encore le marché ouvert à Poutine. » Les brames d'acier constituent un matériau intermédiaire utilisé dans la fabrication de tôles et de bandes.

Face à la surcapacité mondiale et aux prix de dumping, la réponse doit être « plus de patriotisme européen », a poursuivi Klingbeil : « plus de production locale, une priorité claire donnée à l'acier de qualité respectueux du climat, produit en Allemagne et en Europe. Nous devons privilégier l'utilisation d'acier issu de notre territoire, notamment dans des secteurs clés comme les infrastructures ou l'industrie automobile. » Lors du dialogue avec l'industrie, des solutions seront discutées, notamment la baisse des prix de l'énergie, en particulier grâce à un tarif électrique industriel.

Réunion au sommet à la Chancellerie

Le chancelier Friedrich Merz (CDU) a convié, pour le 6 novembre, des représentants du secteur sidérurgique ainsi que les ministres-présidents des Länder à forte tradition sidérurgique - Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Basse-Saxe, Brandebourg et Sarre. Cette rencontre portera sur des sujets tels que la résilience, les relations commerciales et les prix de l'énergie. D'autres membres du gouvernement, comme le vice-chancelier et ministre des Finances Lars Klingbeil, la ministre de l'Économie Katherina Reiche (CDU) et la ministre du Travail Bärbel Bas (SPD), participeront également.

Bärbel Bas a elle aussi annoncé un soutien à l'industrie sidérurgique. « Nous ne laisserons pas fondre la base industrielle de notre pays », a-t-elle déclaré à la dpa. « Nous prenons les devants avec de bonnes conditions-cadres et d'importants investissements pour l'économie. Nous attendons des entreprises qu'elles investissent ici et s'engagent pour leur site et leurs salariés. »

La sidérurgie allemande sous pression

L'industrie sidérurgique allemande souffre de la crise qui frappe ses principaux clients, en particulier l'automobile. À cela s'ajoutent la hausse des prix de l'énergie, les importations à bas prix - notamment en provenance de Chine - et les coûts liés à la transition vers une production d'acier plus respectueuse du climat. Les droits de douane élevés sur les exportations d'acier vers les États-Unis représentent également un défi majeur pour le secteur.

Début octobre, la Commission européenne a annoncé des mesures de protection pour l'industrie sidérurgique européenne. Ainsi, le volume des importations exemptées de droits de douane devrait être presque réduit de moitié. Par ailleurs, le taux de douane applicable aux volumes dépassant ce seuil serait doublé pour atteindre 50 %. Cette nouvelle réglementation doit encore être approuvée par les États membres de l'UE. Le gouvernement fédéral travaille également à la mise en place d'un tarif électrique industriel subventionné par l'État.

Avant le sommet de l'acier, le syndicat IG Metall a réclamé la priorité pour l'acier local. Jürgen Kerner, numéro deux du syndicat, a déclaré sur « Tagesschau » que, pour les investissements prévus dans les infrastructures, « il faut aussi utiliser de l'acier produit en Allemagne et en Europe ».