L'Afrique du Sud a présenté vendredi un projet de politique nationale sur l'intelligence artificielle (IA), sollicitant l'avis du public sur des propositions d'envergure visant à réguler et à accélérer l'adoption de cette technologie.

Le document, publié par le ministère des Communications et des Technologies numériques, ambitionne de positionner l'Afrique du Sud comme leader continental de l'innovation en IA, tout en répondant aux défis éthiques, sociaux et économiques.

Cette initiative marque également une étape significative dans la transformation numérique du pays.

Les commentaires du public sur ce projet de réforme sont attendus d'ici le 10 juin.

Le texte prévoit la création de nouvelles institutions, notamment une Commission nationale de l'IA, un Conseil d'éthique de l'IA et une Autorité de régulation de l'IA. Ces instances seraient chargées de coordonner les politiques, de faire respecter les normes éthiques, de surveiller la conformité et de mettre en place des mécanismes de recours et d'indemnisation en cas de préjudices liés à l'IA.

Le gouvernement entend également instaurer des mesures incitatives, telles que des allègements fiscaux, des subventions et des aides financières, afin d'encourager la collaboration avec le secteur privé, en particulier pour les startups locales et les petites entreprises.

L'un des piliers centraux de cette politique réside dans l'investissement au sein d'infrastructures de calcul intensif (supercalculateurs) robustes et rentables pour soutenir la recherche et le développement en IA. Le projet appelle également à des investissements stratégiques dans les infrastructures numériques, incluant des partenariats avec des fournisseurs de cloud internationaux et des centres de calcul régionaux.

Toutefois, le rapport souligne que "la dépendance vis-à-vis des infrastructures étrangères pourrait compromettre la sécurité des données sensibles sud-africaines". Il préconise des plans visant à réduire la "dépendance matérielle actuelle envers les États-Unis et la Chine" dans un contexte de rivalité géopolitique persistante.