Les cours de l'aluminium se sont envolés lundi pour atteindre leur plus haut niveau en plus de quatre ans, portés par l'escalade des risques pesant sur l'offre au Moyen-Orient après des frappes militaires réciproques entre les États-Unis et l'Iran, ont rapporté des négociants.

L'aluminium de référence sur le London Metal Exchange (LME) s'est traité en hausse de 0,5% à 3'685 dollars la tonne métrique lors des séances officielles. Plus tôt, il a touché les 3'707,50 dollars, rejoignant un niveau atteint le 26 mai pour s'offrir un sommet inédit depuis mars 2022.

Le Moyen-Orient concentre 9% de la capacité mondiale de production d'aluminium. La fermeture du détroit d'Ormuz a restreint les exportations d'aluminium de la région et limité les importations de matières premières nécessaires à la fusion du métal, utilisé dans la construction automobile, l'aéronautique, les canettes de boisson et les matériaux de construction.

Les analystes anticipent un déficit majeur sur le marché de l'aluminium cette année, certains évoquant des chiffres supérieurs à 2 millions de tonnes.

'L'aluminium reste le dossier phare', a souligné Britannia Global Markets dans une note. 'Le déport (backwardation) extrême souligne la sévérité de la compression de l'offre (squeeze).'

Le déport désigne la prime des contrats d'aluminium au comptant sur le LME par rapport aux échéances plus lointaines de la courbe de maturité.

La prime du contrat aluminium 'cash' par rapport au contrat à trois mois a bondi vendredi à des sommets de 19 ans, dépassant les 100 dollars la tonne.

Par ailleurs, les cours du cuivre progressent alors que les marchés intègrent l'exiguïté de l'offre hors des États-Unis. Ces derniers ont absorbé de vastes quantités de cuivre au cours de l'année écoulée dans l'attente de droits de douane sur les importations.

Les États-Unis devraient décider d'ici fin juin de l'imposition de tarifs douaniers sur les importations de cuivre métal.

Les stocks totaux de cuivre dans les entrepôts agréés par le Comex (HG-STX-COMEX), s'elevant à 640'181 tonnes courtes (soit 580'762 tonnes métriques), affichent une hausse de plus de 550% depuis que le président américain Donald Trump a ordonné, en février de l'année dernière, une enquête sur les tarifs douaniers du cuivre.

Les prévisions d'une faible croissance de la production minière ont également contribué à soutenir les prix élevés du cuivre.

L'ensemble des métaux industriels a bénéficié de l'expansion de l'activité manufacturière en Chine, premier consommateur mondial, pour le sixième mois consécutif.

Le cuivre a progressé de 1,5% à 13'840 dollars la tonne, le zinc a gagné 1% à 3'576 dollars, le plomb s'est raffermi de 0,2% à 2'021 dollars, l'étain a bondi de 2% à 56'590 dollars et le nickel est resté quasi inchangé à 19'275 dollars. (Reportage de Pratima Desai ; informations complémentaires de Dylan Duan ; rédaction par Thomas Derpinghaus et Shailesh Kuber)