Pas facile de s’y retrouver parmi toutes ces organisations internationales aux rôles parfois flous. C’est justement l’occasion de revenir sur ce que représente le G20 et de comprendre les enjeux de l’année à venir.
Le G20 regroupe 19 pays, l’Union européenne et, depuis 2023, l’Union africaine. Ensemble, ils représentent 80% de la population mondiale, près de 90% du PIB global et 80% du commerce mondial. Ce groupe a pris de l’importance après la crise financière de 2008, en devenant l'un des principaux espaces de coordination macroéconomique mondiale.
Depuis, son champ d’action s’est élargi. Les dernières présidences du Sud – Indonésie (2022), Inde (2023) et Brésil (2024) – et d’autres auparavant, ont mis en avant des thèmes comme le climat, l’inclusion numérique ou le financement du développement. Un héritage qui pourrait être fragilisé.
Floride 2026 : retour aux bases
Qu’attendre du sommet de l’année prochaine alors que les États-Unis de Donald Trump ont largement montré leur scepticisme à l’égard des institutions multilatérales ?
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dévoilé les premières priorités : sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, comprendre les moteurs de l’innovation et explorer les usages de l’intelligence artificielle. De manière générale, les groupes de travail se concentreront davantage sur des thématiques financières. Plusieurs de ces groupes, notamment sur l’énergie, la santé, le commerce et l’environnement, devraient être suspendus selon Reuters.
Les États-Unis sont loin derrière la Chine en matière de coopération avec le Sud global. L’année à venir représente une opportunité d’y remédier en tentant de définir les règles d’un nouvel équilibre mondial qu’ils ont eux-mêmes contribué à ébranler.
Et quand les dirigeants américains évoquent un retour aux bases, ce n’est pas à demi-mots. Donald Trump s’est plaint à sa manière du fait que le G20 était devenu le G100 ces dernières années. Sans nul doute une référence à l’intégration de l’Union africaine. Les efforts des pays du Sud pour plus d’intégration risquent d’être sapés avec un sommet en “groupe concentré” l’an prochain, toujours selon ses dires.
Emmanuel Macron a évoqué “la fin d’un cycle” pour le G20 en déplorant la peine de ce groupe à régler les grandes crises internationales. Il ajoute : “Nous devons tous être lucides sur le fait que le G20 est en risque si nous ne nous remobilisons pas collectivement vers quelques priorités”.
Un intérêt politique ?
Il est également important de faire un lien avec les élections de mi-mandat qui attendent le 47ème président des États-Unis. Durant l’année 2023, des réunions du G20 ont eu lieu à travers l’Inde et Narendra Modi n’avait pas manqué l’occasion d’utiliser son leadership temporaire au service de sa candidature aux présidentielles. Un événement qui a joué en sa faveur et dont Donald Trump pourrait se faire l'écho.



















