Les faillites dans le secteur se sont succédé ces dernières années, par exemple celles de Wilko ou Poundland. Même l'autrefois irrésistible Action, contrôlé par le fonds 3i, a récemment trébuché.
On pouvait supputer que le contexte économique morose et le retour de l'inflation allaient pousser les consommateurs à favoriser le hard discount. Que nenni, et B&M, un temps irrésistible lui aussi, subit comme les autres.
Déjà pénalisée par une mauvaise presse suite aux démissions successives de deux directeurs financiers, l'enseigne lancée par les frères Arora, dont le nombre de magasins a été multiplié par presque quarante sur les vingt dernières années, publiait ce matin des résultats annuels mitigés.
Ceux-ci laissent entrevoir un chiffre d'affaires stabilisé en premier chef grâce aux ouvertures de nouveaux magasins au Royaume-Uni - car la croissance des ventes à surface comparable y patine - et au succès bien réel de l'enseigne en France, qui comme pour Action s’impose comme le grand marché stratégique à conquérir.
La profitabilité recule mais le cash flow libre reste stable lui aussi grâce à une optimisation du besoin en fonds de roulement. Le problème est que B&M subit l'inflation de plein fouet sur sa structure de coûts, mais ne peut pas la répercuter dans ses prix au risque de voir sa clientèle toujours à l’affût des soldes déserter.
B&M génère sur l’exercice annuel un cash flow libre de plus de 300 millions de livres sterling, avec un programme d'investissements de 140 millions dont une bonne moitié est liée aux ouvertures de nouveaux magasins. Autant dire qu'il pourrait doper sa génération de cash en freinant sur celles-ci, même s’il n’en a pour l’instant pas l’intention.
Malgré ses difficultés, l'enseigne commande toujours une valeur d'entreprise de plus de 4 milliards de livres. Le plus étonnant, en réalité, est que cette valorisation ait pu atteindre un niveau trois fois supérieur il y a deux ans.


















