Le constructeur automobile espagnol EBRO ambitionne de produire entre 25 000 et 30 000 voitures à Barcelone cette année, ce qui pourrait doubler le nombre de véhicules vendus, et prévoit également de dégager un bénéfice net, a déclaré son président mercredi.

EBRO avait cessé ses ventes en 1987 avant sa relance en 2024. La société produit actuellement quatre modèles et a vendu environ 14 000 véhicules l'an dernier.

L'entreprise détient par ailleurs une participation de 60% dans une coentreprise avec le constructeur chinois Chery pour fabriquer des véhicules sur un ancien site de Nissan à Barcelone.

Chery devrait y lancer sa production à la fin de cette année ou au premier trimestre 2027, a précisé le président d'EBRO, Rafael Ruiz, aux journalistes en marge d'un événement dans la cité catalane. L'objectif de production allant jusqu'à 30 000 voitures cette année pourrait inclure des modèles Chery, a-t-il ajouté.

M. Ruiz a affirmé qu'une voiture électrique Chery serait bel et bien fabriquée à Barcelone, minimisant le fait que le démarrage de la production ait subi une série de retards pour des motifs commerciaux, notamment les droits de douane de l'Union européenne sur les véhicules électriques (VE) fabriqués en Chine.

'Nous avons donné la priorité aux véhicules EBRO afin de les lancer industriellement le plus tôt possible et nous avons séquencé la capacité dont nous disposions', a déclaré M. Ruiz, qualifiant l'alliance avec Chery de 'magnifique' et soulignant que l'usine, qui emploie directement 1 600 personnes, pourrait produire jusqu'à 200 000 voitures par an.

Après avoir enregistré une perte nette de 16,3 millions d'euros (19,2 millions de dollars) l'an dernier, EBRO renouera avec la rentabilité cette année grâce, entre autres, à la progression de ses ventes, a indiqué M. Ruiz.

Les constructeurs chinois ont gagné des parts de marché en Europe dans un contexte de guerre des prix agressive entre les fabricants de VE à l'echelle mondiale. Produire en Espagne permettrait à Chery d'éviter d'être soumis aux taxes de l'UE allant jusqu'à 35,3% sur les VE fabriqués en Chine.

Les autorités locales ont salué l'investissement de Chery comme un exemple positif du renforcement des liens commerciaux entre l'Espagne et la Chine, et comme le reflet du potentiel de l'Espagne en tant que deuxième constructeur automobile d'Europe.

(1 $ = 0,8484 euro)