Le déploiement accéléré des énergies renouvelables en Inde met à rude épreuve l'exploitation du réseau électrique et contribue à l'augmentation des coûts d'approvisionnement en électricité, la croissance de la demande n'ayant pas suivi le rythme, a déclaré vendredi un haut responsable de la Central Electricity Authority (CEA).

La production d'énergie renouvelable en Inde a progressé à son rythme le plus soutenu depuis 2022 au premier semestre 2025. Le pays a atteint, plus tôt cette année, 50% de sa capacité électrique installée issue de sources non fossiles, dans le cadre de son objectif d'ajouter 500 gigawatts d'ici 2030.

Cependant, l'Inde construit des infrastructures de transmission en se basant sur le potentiel de production des énergies renouvelables plutôt que sur la capacité réelle ou la demande effective. Cette approche a entraîné une flambée des tarifs de transmission, ce qui inquiète les sociétés publiques d'électricité, a expliqué Ghanshyam Prasad, président de la CEA, lors d'un forum organisé par The Energy and Resources Institute (TERI) à New Delhi.

Les frais de transmission correspondent aux coûts liés au réseau de transport à haute tension qui achemine l'électricité. Ils sont généralement payés par les acheteurs, le plus souvent les sociétés de distribution, aux producteurs d'électricité.

L'Inde devrait ajouter plus de 40 GW d'énergies renouvelables cette année, a indiqué M. Prasad, ajoutant que, sans demande, cet excédent serait très difficile à gérer.

Le décalage entre la préparation des infrastructures de transmission et la mise en service des capacités renouvelables rend l'intégration au réseau incertaine, ce qui fait que certains projets renouvelables ne disposent pas d'accords d'achat d'électricité, a-t-il précisé.

Pour relever ces défis, la CEA révisera ses plans de transmission tous les six mois afin de refléter l'évolution en temps réel, et travaille avec le Département météorologique indien pour améliorer les prévisions météorologiques localisées concernant la production solaire et éolienne, a ajouté M. Prasad.

Il a également plaidé pour une intégration soigneusement planifiée du réseau, soulignant la nécessité d'une planification adéquate des ressources tant au niveau national qu'au niveau des États, permettant ainsi aux sociétés de distribution d'anticiper les besoins futurs et de sécuriser les ressources de production en conséquence.

À défaut, « les développeurs d'énergie propre pourraient se retrouver dans des situations où la capacité est construite mais ne peut pas être évacuée ni vendue », a-t-il averti.

Pour maintenir la sécurité et la fiabilité du réseau, l'Inde doit continuer à investir dans le charbon, le nucléaire, l'hydroélectricité et le gaz, parallèlement aux renouvelables, a-t-il affirmé.

« Tant que nous n'adoptons pas une vision globale du système -- planification, exécution, exploitation du réseau et coûts -- nous ferons fausse route », a conclu le responsable.