L'euro a légèrement reculé jeudi après que la Banque centrale européenne (BCE) a procédé à un relèvement de ses taux d'intérêt largement anticipé, tandis que le dollar s'est maintenu proche d'un plus haut de deux mois alors que le président Donald Trump a promis de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

La BCE a relevé ses taux directeurs pour la première fois en près de trois ans, avec l'objectif de juguler l'inflation avant que la flambée des coûts de l'énergie — provoquée par le conflit iranien — ne se propage plus largement à l'économie de la zone euro.

Les marchés ont largement ignoré la décision de la BCE ainsi que le regain de tensions dans le Golfe, ces événements n'ayant pas constitué de « surprise significative », a déclaré Joel Kruger, stratège de marché chez LMAX Group.

L'euro s'affichait en légère baisse de 0,15 % face au billet vert, à 1,1518 dollar.

Donald Trump a déclaré que les États-Unis frapperaient l'Iran « très durement ce soir » et qu'il souhaitait à terme s'emparer du centre névralgique des infrastructures pétrolières iraniennes, l'île de Kharg, après une série de frappes de représailles ayant fragilisé un cessez-le-feu précaire.

Le dollar a tendance à se renforcer lors des périodes d'incertitude géopolitique accrue, les investisseurs recherchant la sécurité des actifs américains, tandis qu'il s'affaiblit généralement lorsque les espoirs de paix augmentent.

Le billet vert était légèrement plus ferme face au franc suisse à 0,80, s'échangeant près de son plus haut niveau depuis début avril.

L'indice dollar progressait de 0,15 % à 100,20, après avoir atteint son plus haut niveau depuis le 6 avril.

Les données publiées jeudi ont montré que les prix à la production aux États-Unis ont augmenté plus que prévu en mai, enregistrant leur plus forte progression annuelle en trois ans et demi, le conflit au Moyen-Orient ayant fait grimper le coût des produits énergétiques.

« Le marché boursier est en hausse, les prix du pétrole progressent légèrement et les obligations sont un peu plus faibles malgré l'indice des prix à la production (PPI) », a souligné Marc Chandler, stratège de marché en chef chez Bannockburn Global Forex.

« L'escalade de la guerre va être un facteur de perturbation et va maintenir une forte demande pour le dollar. »

DÉCISIONS DES BANQUES CENTRALES

La Réserve fédérale (Fed) devrait maintenir ses taux inchangés la semaine prochaine lors de la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de la Fed. Une large majorité d'économistes interrogés par Reuters prévoit que la banque centrale américaine maintiendra ses taux en l'état pour le reste de l'année 2026.

Toutefois, les traders intègrent désormais pleinement une hausse de 25 points de base d'ici décembre, un revirement brutal par rapport aux anticipations de deux baisses de taux cette année qui prévalaient avant le déclenchement de la guerre en Iran fin février.

La Banque du Japon (BoJ) se réunira également la semaine prochaine et devrait relever ses taux, bien que le gouverneur Kazuo Ueda ait été hospitalisé et manquera la réunion de politique monétaire des 15 et 16 juin.

Le yen japonais était stable face au billet vert à 160,545 pour un dollar, restant à des niveaux qui maintiennent les opérateurs en alerte quant à l'éventualité d'une intervention officielle des autorités de Tokyo.

La livre sterling a cédé 0,13 % à 1,3349 dollar. Le dollar australien a reculé de 0,26 % face à la devise américaine, à 0,6984 dollar.