Une certaine prudence devrait encore peser sur la tendance et limiter les volumes compte tenu des multiples risques géopolitiques que doivent toujours analyser les investisseurs, qu'il s'agisse de l'action "proportionnée" menée hier soir par l'armée américaine en réponse à l'attaque qui a abattu un hélicoptère Apache près du détroit d'Ormuz ou des frappes lancées dans la nuit par l'Iran contre des bases américaines du Golfe en réaction à des tirs ennemis.

La Bourse de Tokyo était orientée à la baisse mercredi à l'approche de la clôture avec un recul de plus de 2,1% pour l'indice Nikkei. L'indice MSCI regroupant les valeurs d'Asie et du Pacifique (hors Japon) lâchait lui près de 2,5%.

L'incertitude sur l'issue du conflit en Iran avait déjà constitué un facteur décourageant la prise de risque hier à Wall Street.

Si le Dow Jones a fini sur un gain de 0,2%, le S&P 500 a terminé dans le rouge (-0,3%), de même que le Nasdaq 100 (-1,1%) au terme d'une séance mouvementée qui l'avait vu perdre jusqu'à 4% au plus bas du jour.

L'orientation des futures prédit à ce stade une ouverture dans le rouge ce mercredi.

L'inflation américaine en ligne de mire avant la Fed

La nervosité est d'autant plus marquée que les investisseurs s'apprêtent à prendre connaissance, à 14h30, des données déterminantes sur l'évolution des prix à la consommation (CPI) en mai aux Etats-Unis.

Ces chiffres pourraient bien remettre au premier plan les perspectives de resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale à une semaine de la réunion de la banque centrale américaine.

"Tant que les chiffres de l'inflation ne confirmeront pas une vraie trajectoire de baisse, les marchés devraient continuer à consolider prudemment, même s'il est probable qu'ils privilégient des arbitrages sectoriels sous la forme d'un mouvement de rotation plutôt qu'une capitulation globale", prévient Linh Tran, analyste chez XS.com.

Selon le consensus, la hausse de l'indice des prix à la consommation devrait avoir accéléré à 4,2% en mai, contre 3,8% en avril, au plus haut depuis avril 2023.

En attendant, les rendements obligataires sont orientés à la baisse, le recul des actions entraînant un repli sur les emprunts d'Etat, tandis que le dollar perd du terrain et que l'or baisse, signes des incertitudes des marchés financiers.

Le pétrole temporise malgré les tensions géopolitiques

Les cours du brut évoluent peu, ce qui montre que les spécialistes du marché pétrolier continuent de pencher pour le scénario d'un accord américano-iranien malgré le regain de tension des dernières heures.

Le Brent recule de 0,1% à 91,3 dollars le baril, revenant à des planchers de presque deux mois, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,2% sous 88 dollars.

Les dégagements sur l'or noir avaient débuté dès lundi matin alors que les membres de l'Opep+ venaient d'annoncer dimanche une hausse de leurs quotas pour la 4ème fois consécutive.