L'indice de référence espagnol inaugure le mois de juin après un rebond de 3,3% en mai, un mois durant lequel, malgré cette progression, une forte volatilité a dominé en raison des soubresauts de l'affrontement entre les États-Unis et l'Iran. Ce conflit maintient le blocage des flux de combustibles fossiles via le détroit d'Ormuz, renchérissant le pétrole et alimentant l'inflation à l'échelle mondiale.
Les informations faisant état de nouvelles attaques dans le golfe Persique remettaient en question l'optimisme quant à une réouverture du détroit d'Ormuz et soutenaient les cours du brut.
Alors que les négociateurs de Washington et de Téhéran semblent poursuivre leurs efforts pour conclure un accord, on a appris ce lundi que les forces américaines avaient frappé des cibles iraniennes durant le week-end et que Téhéran avait répliqué, tandis que les défenses du Koweït auraient intercepté des attaques de missiles et de drones.
Les nouvelles concernant ces échanges n'ont pas outre mesure surpris le marché, après les déclarations du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui a affirmé que les États-Unis étaient prêts à reprendre les frappes contre l'Iran si aucun pacte n'était conclu. La tension au Moyen-Orient s'est trouvée aggravée par la progression israélienne vers l'intérieur du Liban, dans sa lutte contre le Hezbollah, une milice soutenue par l'Iran.
Malgré tout, la confiance dans une stabilisation de la situation géopolitique semble continuer de prévaloir, bien que persistent les effets inflationnistes d'un pétrole plus cher qu'avant le début de la guerre il y a trois mois.
Cette poussée inflationniste du brut continue de peser sur les marchés obligataires : le rendement de l'emprunt d'État américain à 10 ans progressait de trois points de base, à 4,470%.
Le marché intègre une probabilité de 50% de voir la Réserve fédérale (Fed) contrainte de relever ses taux avant la fin de l'année pour éviter que le rebond des prix ne s'ancre dans les anticipations d'inflation.
Plusieurs membres de la Fed s'exprimeront tout au long de la semaine, tandis que parmi les références macroéconomiques figurent les enquêtes ISM dans le secteur manufacturier ce lundi et, surtout, le rapport sur l'emploi de vendredi. Les prévisions tablent sur une solide augmentation de 85'000 emplois, avec un taux de chômage stable à 4,3%. Tout chiffre plus élevé réduirait davantage la probabilité d'une hausse des taux.
En dépit du bruit géopolitique, l'essor de l'intelligence artificielle continuait de servir de contrepoids, les marchés asiatiques étant portés par la demande de semi-conducteurs et d'équipements liés à l'IA.
'(...) nous observons une volatilité à la baisse, une attitude de fond acheteuse sur les actions et les obligations, tandis que le pétrole rebondit légèrement après les escarmouches US/Iran du week-end. Celles-ci ont démontré plus clairement que l'Iran peut bloquer Ormuz, mais que ce sont les États-Unis qui décident si le pétrole sortant du golfe Persique (et les conteneurs de n'importe quelle marchandise y entrant) est vendu en Asie ou non', ont souligné les analystes de Bankinter dans leur note quotidienne.
'Mais tant que le pétrole se situe autour de 90$ comme actuellement, la situation restera gérable', ont-ils ajouté.
Dans ce contexte, à 07h00 GMT, l'indice phare de la bourse espagnole, l'IBEX 35, reculait de 30,40 points, soit 0,17%, à 18'332,50 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 régressait de 0,11%.
Au sein du secteur bancaire, Santander perdait 0,19%, BBVA reculait de 0,20%, Caixabank progressait de 0,09%, Sabadell chutait de 0,69%, Bankinter s'allégeait de 0,31% et Unicaja Banco perdait 0,42%.
Parmi les grandes valeurs non financières, Telefónica s'adjugeait 0,28%, Inditex cédait 0,41%, Iberdrola s'effritait de 0,31%, Cellnex tombait de 0,14% et la compagnie pétrolière Repsol grimpait de 1,45%.
(Information de Tomás Cobos ; édition de Benjamín Mejías Valencia)


















