La croissance de l'économie domestique irlandaise pourrait ralentir pour s'établir entre 1,5% et 2,1% cette année, contre une prévision initiale de 2,3%, sous l'effet inflationniste de la guerre au Proche-Orient, a prévu mardi le ministère des Finances irlandais.

Malgré cette révision à la baisse, le ministère anticipe un excédent budgétaire plus élevé, à 2,5% du revenu national brut modifié cette année, contre 1,4% prévu en octobre, grâce notamment à la progression des recettes de l'impôt sur les sociétés provenant des multinationales étrangères.

La demande intérieure modifiée (MDD), qui exclut les distorsions causées par l'important secteur des multinationales sur le produit intérieur brut (PIB), a connu une croissance soutenue ces dernières années, portée par la vigueur de la consommation des ménages, de l'investissement et d'un faible taux de chômage, affichant une progression de 4,9% l'an dernier.

Le ministère des Finances estime que son scénario dit de "référence", prévoyant une croissance de la MDD de 2,1% pour 2026, pourrait glisser à 2% dans un scénario défavorable où les prix du pétrole s'établiraient en moyenne à 90 dollars le baril sur le reste de l'année, et à 1,5% dans une hypothèse sévère avec un baril à 130 dollars.

La demande intérieure modifiée devrait croître de 2% à 3% en 2027, a précisé le ministère.

L'inflation pour l'année pourrait atteindre 3,3%, voire 4,6% dans le scénario le plus pessimiste, contre une prévision antérieure de 1,9%. Elle pourrait ensuite culminer à 6,7% au début de l'année prochaine selon le scénario le plus critique.

L'EXCÉDENT BUDGÉTAIRE OFFRE UNE MARGE DE MANOEUVRE POUR SOUTENIR LES PRIX DU CARBURANT

Le gouvernement a cherché à atténuer l'impact de la flambée des prix du carburant par le biais de deux volets de hausses de dépenses et de baisses d'impôts totalisant 755 millions d'euros (888 millions de dollars). Le second volet, plus conséquent, a été introduit en réponse à une vague de manifestations populaires.

La position budgétaire favorable de l'Irlande est intégralement portée par les niveaux records d'impôts sur les sociétés versés par les entreprises étrangères. Le ministère des Finances a relevé sa prévision de recettes fiscales sur les sociétés pour cette année à 35,3 milliards d'euros, contre 34 milliards d'euros estimés en octobre dernier.

Le ministère a inclus pour la première fois des prévisions allant jusqu'à la fin de la décennie, tablant sur une nouvelle progression pour atteindre 45,2 milliards d'euros en 2030. (1 $ = 0,8499 euro) (Reportage Padraic Halpin ; Version française par un traducteur financier)