L'Italie, pays à forte pression fiscale, envisage d'instaurer une taxe sur les envois provenant de pays hors Union européenne d'une valeur allant jusqu'à 150 euros (176,31 $) et prévoit de doubler l'impôt sur les transactions financières, alors que Rome cherche des solutions pour financer des amendements budgétaires coûteux, selon des documents officiels consultés.

La contribution sur les colis postaux de faible valeur, fixée à 2 euros par envoi, devrait rapporter 122,5 millions d'euros l'an prochain, puis 245 millions en 2027 et 2028, selon des documents parlementaires examinés par Reuters.

Avec cette mesure, qui s'inscrit dans le cadre d'une proposition actuellement débattue au niveau européen, l'Italie cible des plateformes en ligne telles que Shein et Temu et vise à protéger son industrie de la mode face aux importations étrangères à bas coût, principalement en provenance de Chine.

Les autorités douanières de l'UE ont traité environ 4,6 milliards de colis de faible valeur achetés en ligne en 2024, dont 91 % provenaient de Chine, soit le double du chiffre enregistré en 2023, selon les dernières données disponibles.

Le gouvernement entend également relever la taxe sur le transfert d'actions et d'autres instruments financiers à 0,4 % contre 0,2 % actuellement, une mesure qui devrait générer 337 millions d'euros supplémentaires dès l'an prochain.

Le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni a prévu en septembre que la pression fiscale, un sujet politiquement sensible -- soit le niveau des impôts et des cotisations sociales rapporté au PIB --, atteindrait 42,8 % cette année contre 42,5 % en 2024, un des taux les plus élevés parmi les économies développées.

(1 $ = 0,8508 euros)