Les pays de l'Union européenne (UE) ont convenu vendredi de restreindre les conditions permettant au bloc de suspendre sa taxe carbone sur les importations, une mesure susceptible de renforcer la visibilité des investissements bas carbone au sein de l'Union.

Les ministres de l'Économie de l'UE ont soutenu ces plans à la majorité, malgré l'opposition ou l'abstention de pays tels que la Slovaquie, la Roumanie et la Lituanie.

Le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) impose une taxe sur les émissions liées aux importations de marchandises, notamment les engrais, l'acier et le ciment. Cette politique, une première mondiale, vise à protéger les industries européennes contre la concurrence de produits étrangers moins chers et plus polluants.

La Commission européenne avait initialement proposé de pouvoir exempter certains produits de cette taxe à l'avenir si des « circonstances graves et imprévues », non définies, entraînaient une hausse des prix.

Certains gouvernements et entreprises ont rejeté cette approche, arguant qu'elle créait une incertitude pour les investissements bas carbone, qui ne sont compétitifs que si les importations polluantes sont soumises à la tarification carbone de l'UE.

Selon un projet d'accord ministériel consulté par Reuters, la Commission ne pourrait proposer la suspension de la taxe carbone que si certains critères sont remplis, notamment une augmentation du prix du produit concerné de plus de 50 % sur six mois par rapport à la moyenne des dix dernières années.

Les États membres et les législateurs européens doivent désormais négocier les règles finales. Le Parlement européen prévoit également de réduire la portée de cette clause de suspension, voire de la supprimer totalement.

La France avait initialement mené les appels à la suspension de la taxe carbone sur les engrais pour soutenir les agriculteurs, après que le conflit en Iran a fait grimper les coûts.

Paris a finalement soutenu l'accord vendredi, après avoir obtenu des concessions bénéficiant aux départements d'outre-mer de la Guadeloupe et de la Martinique. Ces territoires pourront ainsi éviter la taxe sur leurs importations de ciment en cas de catastrophes naturelles ou d'autres situations d'urgence.

Une fois finalisées, ces propositions étendront également la liste des marchandises soumises à la taxe carbone pour inclure des produits tels que les lave-linge et les pièces automobiles.