FRANCFORT (dpa-AFX) - L'autorité fédérale de supervision financière, la Bafin, alerte sur les conséquences des prêts immobiliers risqués pour les consommateurs et les banques. La part des crédits immobiliers résidentiels faiblement garantis dans la production nouvelle des établissements de crédit est comparativement élevée, a déclaré Mark Branson, président de la Bafin, à Francfort.

Au quatrième trimestre 2025, pour un nouveau prêt sur sept, le volume de l'emprunt a dépassé la valeur du bien immobilier financé. 'Nous portons un regard critique sur cette situation', a expliqué M. Branson. Ces crédits présentent en effet un potentiel de perte accru pour les banques et pourraient s'avérer problématiques pour les consommateurs, par exemple s'ils ne pouvaient plus honorer leurs mensualités en raison d'une maladie ou d'une perte d'emploi. M. Branson n'a pas exclu des mesures de supervision : 'Les nouveaux prêts risqués d'aujourd'hui ne doivent pas devenir les crédits douteux de demain.'

Sous l'effet des craintes inflationnistes liées au conflit iranien, les taux d'intérêt ont progressé, tandis que les prix de l'immobilier repartent à la hausse. En mars, l'activité de financement immobilier des banques a fortement progressé, de nombreux consommateurs souhaitant s'assurer rapidement des conditions encore acceptables.

De manière générale, l'incertitude géopolitique mondiale et la pression sur la conjoncture accentuent les risques dans le secteur financier, souligne la Bafin. 'Ils ont en outre des répercussions sensibles sur l'ensemble de la population en Allemagne : la hausse des prix et le renchérissement du crédit se font sentir dans le portefeuille des ménages.'

Mise en garde contre les cyberattaques assistées par l'IA

Par ailleurs, M. Branson a mis en garde contre la menace croissante des cyber-risques. Le nombre d'attaques augmente et les assaillants utilisent de plus en plus souvent l'intelligence artificielle. 'Les nouvelles applications d'IA peuvent identifier de nombreuses failles dans les systèmes informatiques et même les exploiter. Et ce, très rapidement', a précisé M. Branson.

Les entreprises doivent se préparer à une multiplication des points d'attaque potentiels. 'Et elles doivent combler ces failles bien plus rapidement.' La Bafin renforce donc sa surveillance des cyber-risques en allouant des ressources supplémentaires aux audits des sociétés financières.

Lundi dernier, le ministère fédéral des Finances avait déjà alerté sur les risques posés par les nouveaux modèles d'IA tels que 'Claude Mythos'. Ils représentent une aggravation de la menace cybernétique susceptible d'affecter la stabilité financière. Le logiciel 'Claude Mythos' de la société américaine Anthropic est un programme d'IA qui analyse de manière automatisée les systèmes d'exploitation, les navigateurs web et d'autres logiciels à la recherche de vulnérabilités. Simultanément, il fournit pour ainsi dire le mode d'emploi et les outils d'attaque numériques correspondants.

Jusqu'ici, Anthropic garde le logiciel confidentiel et n'en autorise l'accès qu'à des organisations sélectionnées. Entre de mauvaises mains, 'Mythos' constituerait une cyber-arme redoutable. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a également mis en garde récemment contre les risques liés à l'usage de l'IA pour le secteur financier, en faisant référence à ce logiciel./als/DP/men