La banque centrale du Pakistan a autorisé les établissements bancaires à ouvrir des comptes pour les prestataires de services sur actifs virtuels (PSAV) détenteurs d'une licence, levant ainsi une interdiction datant de 2018, selon une circulaire de l'institution et un communiqué du régulateur des actifs virtuels, alors que le pays s'efforce d'intégrer les actifs numériques au système financier régulé.

Cette décision fait suite à la promulgation de la loi sur les actifs virtuels de 2026 (Virtual Assets Act) et marque la première étape formelle du Pakistan pour intégrer les entreprises liées aux cryptomonnaies dans le système bancaire, sous réserve de règles strictes en matière de conformité et de lutte contre le blanchiment d'argent.

"Il s'agit d'une étape fondamentale pour l'intégration des actifs virtuels dans le système financier formel du Pakistan", a déclaré mercredi Bilal bin Saqib, président de l'Autorité de régulation des actifs virtuels du Pakistan (PVARA), dans un communiqué.

Les banques doivent vérifier les licences délivrées par la PVARA, récemment établie, avant d'accepter ces sociétés comme clientes, et doivent tenir des comptes clients ségrégués, non rémunérés et libellés en roupies, a précisé la State Bank of Pakistan.

Les banques resteront responsables du devoir de vigilance, du profilage des risques et de la déclaration des transactions suspectes, a indiqué la banque centrale, ajoutant que les prêteurs ne peuvent ni investir dans des actifs virtuels ni en détenir en utilisant leurs propres fonds ou ceux de leurs clients.

Le Pakistan a déjà entrepris des démarches pour attirer les acteurs mondiaux de la crypto, en signant un protocole d'accord avec Binance en décembre afin d'explorer la tokenisation d'actifs à hauteur de 2 milliards de dollars, et en accordant des autorisations initiales à Binance et HTX pour entamer le processus d'octroi de licence.

Le pays a également conclu un accord avec une filiale de World Liberty Financial en janvier pour étudier les paiements transfrontaliers basés sur les stablecoins. (Reportage d'Ariba Shahid à Islamabad, rédaction par Hritam Mukherjee ; édité par YP Rajesh et Thomas Derpinghaus)