Washington (awp/afp) - La Banque mondiale (BM) a publié mardi ses prévisions de croissance pour la planète cette année, anticipant une progression faible de 2,6% pour l'économie mondiale, une donnée qu'elle voit cependant comme un signe de résistance face aux tensions commerciales.

L'institution basée à Washington a revu à la hausse ses prévisions, "en particulier aux Etats-Unis, qui représentent près des deux tiers" de la réévaluation, ce qui explique le maintien économique global, selon son communiqué.

"La bonne nouvelle est que l'économie mondiale a montré de la solidité (en 2025, NDLR) dans un contexte d'incertitude politique et de montée des tensions commerciales", a souligné le chef économiste de la Banque, Indermit Gill, lors d'une conférence de presse téléphonique, "nous nous étions montré plus pessimistes en début d'année mais nous avons eu tort".

Parmi les facteurs qui ont maintenu l'économie à flot l'année écoulée, M. Gill cite "un stockage majeur" par les entreprises, en prévision de droits de douane en particulier aux Etats-Unis, "un appétit plus fort qu'attendu au risque de la part des investisseurs, et une forte hausse des dépenses d'investissement dans les nouvelles technologies, en particulier l'intelligence artificielle".

Mais cette tendance plutôt positive est contrebalancée par plusieurs points d'inquiétude pour la Banque mondiale, à commencer par le fait que "près d'un pays à bas revenu sur quatre n'est toujours pas revenu à son niveau économique d'avant-Covid", a pointé Indermit Gill.

En conséquence, la croissance dans les économies en développement devrait ralentir en 2026, à 4% contre 4,2% l'an passé tandis que celle des pays à bas revenus devrait être plus élevée, mais pas suffisamment pour réduire l'écart de revenus avec les pays les plus riches.

Le second point est une "tendance au ralentissement sur le long terme de la croissance potentielle mondiale". Le chef économiste de la BM explique cela par le fait que la hausse annuelle des investissements "ramenés par habitant est passée de 8% dans les années 2000 à environ 2,5% dans les années 2020".

"C'est quelque chose qui nous inquiète car le schéma à long terme est celui d'un déclin démographique, d'un investissement privé qui continue de baisser. (...) Et nous avons désormais des droits de douane plus élevés que ce que nous avions ces trois, quatre dernières décennies, avec des barrières non tarifaires qui sont utilisées comme outil de politique commerciale", a-t-il détaillé.

Autant d'éléments qui pourraient compliquer la situation dans les pays à bas revenus et en développement, confrontés à la nécessité de créer 1,2 milliard d'emplois sur les dix prochaines années, dans un contexte de baisse des investissements et de finances publiques déjà sous tension, a alerté la Banque dans son rapport.

afp/ck