La Banque nationale suisse (BNS) n'a vu aucune nécessité d'abaisser ses taux d'intérêt lors de sa dernière décision de politique monétaire, d'après les minutes publiées jeudi, bien qu'elle ait exprimé des inquiétudes concernant le risque d'extension des droits de douane américains à l'industrie pharmaceutique.
Le mois dernier, la BNS a maintenu son taux directeur à 0 % malgré des perspectives économiques plus faibles, selon ces minutes, qui constituent la première publication détaillée de ses discussions sur la politique monétaire.
La politique expansionniste de la banque continue de soutenir l'économie, tandis que l'impact complet des baisses de taux précédentes reste à se faire sentir, a indiqué la BNS, ajoutant qu'elle prévoit une inflation qui demeurera dans sa fourchette cible de 0 à 2 %.
« Les prévisions d'inflation et les perspectives économiques plaident en faveur du maintien de la politique monétaire inchangée », ont précisé les minutes de la décision sur les taux du 25 septembre.
Selon les analystes, ces minutes montrent que la BNS n'envisage pas de réintroduire des taux d'emprunt négatifs.
« En l'absence de choc majeur, il est très probable que le statu quo actuel d'un taux directeur à 0 % reste le scénario le plus probable », estime Gero Jung, responsable de la stratégie d'investissement à la Walliser Kantonalbank.
Pour Maxime Botteron, économiste chez UBS, l'appréciation de la BNS indique que la politique monétaire reste actuellement suffisamment expansionniste pour soutenir une légère hausse de l'inflation dans les prochains trimestres.
La décision de la BNS de publier ces minutes marque une volonté de la banque centrale, réputée conservatrice, de s'aligner sur ses homologues qui font preuve d'une plus grande transparence dans l'élaboration de leur politique monétaire.
La BNS a également mis en garde contre les risques liés aux droits de douane américains, notamment si ceux-ci venaient à s'étendre au secteur pharmaceutique, qui a jusqu'à présent été exempté. Les États-Unis ont imposé en août des droits de douane de 39 % sur les produits suisses.
« À ce jour, il n'existe pratiquement aucun signe d'effets négatifs des droits de douane se propageant des industries exportatrices concernées vers d'autres secteurs de l'économie », a précisé la BNS.


















