La principale raison pour laquelle la Chine écoule ses excédents de production sur les marchés européens à des prix défiant toute concurrence, au détriment des industriels locaux, réside dans la faiblesse de la demande intérieure chinoise, et non dans les tarifs douaniers américains, avance une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée mardi.

La pression s'intensifie sur l'Union européenne pour qu'elle réagisse à l'envolée des importations chinoises, alors que les droits de douane imposés par les États-Unis contraignent Pékin à rechercher de nouveaux débouchés pour ses produits désormais plus difficiles à écouler.

« L'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pourrait entraîner un détournement supplémentaire des exportations chinoises vers l'Europe », analyse la BCE dans un article de son Bulletin économique.

« Cependant, la hausse des exportations chinoises vers l'UE précède les dernières tensions commerciales et coïncide plutôt avec le début de la faiblesse de la demande intérieure en Chine », précise l'institution.

La BCE estime que cette tendance remonte à 2021, lorsque le ralentissement du secteur immobilier chinois a pesé sur la demande intérieure et freiné l'investissement dans l'habitat, un secteur particulièrement sensible aux importations.

Dans le même temps, les investissements manufacturiers pilotés par l'État, visant à stabiliser la croissance, ont engendré une surcapacité et déclenché des guerres des prix entre entreprises, les poussant à se tourner vers les marchés étrangers pour écouler leur production, poursuit la BCE.

« Pour se développer à l'international, les entreprises doivent gagner en compétitivité », explique la BCE. « Elles y parviennent généralement en réduisant leurs coûts marginaux et leurs prix à court terme, ou en acceptant des marges bénéficiaires plus faibles, voire des pertes dans certains cas. »

Par ailleurs, une série de facteurs en Chine, tels que la faiblesse de la demande des consommateurs, des politiques commerciales spécifiques et une volonté stratégique de fabriquer localement des produits clés, continuent de freiner la demande d'importations et laissent présager une modification durable du comportement d'importation du pays, creusant davantage le déficit commercial.

(Reportage de Balazs Koranyi ; rédaction par Aidan Lewis)