Zurich (awp) - La Banque nationale suisse (BNS) reste réservée sur la mise en place de taux directeurs négatifs, mais n'exclut pas l'usage de cet instrument de politique monétaire, a répété mardi Petra Tschudin, membre de la direction générale de l'institut d'émission helvétique.
"Nous ne les excluons pas", a souligné Mme Tschudin en référence aux taux négatifs lors de l'émission CEO Talk de la chaîne locale TeleZüri. "Ils font partie de notre boîte à outils, (...) nous les mettons en oeuvre au besoin", a-t-elle ajouté, réitérant les propos récemment tenus à ce sujet par la BNS.
Selon Mme Tschudin, "l'instrument principal de la politique monétaire sont les taux (...) mais nous pouvons au besoin également intervenir sur le marché des devises. C'est ce que nous avons fait par le passé et nous savons que cela fonctionne". Ces dernières années, la BNS est en effet intervenue sur le marché des changes pour acheter ou vendre des devises, permettant par ces opérations d'affaiblir ou de renforcer le franc.
L'institut d'émission avait repris ses achats de devises début 2024 pour affaiblir le franc. Sur l'ensemble de l'année écoulée, ces achats ont totalisé 1,22 milliard de francs suisses. Après avoir marqué une pause au premier trimestre 2025, avec des achats de seulement 49 millions de francs suisses, la BNS a renforcé ses interventions en acquérant pour 5,06 milliards de devises au deuxième trimestre.
Accusée de manipulation des devises
Ces opérations ont provoqué le courroux de Washington, qui avait déjà qualifiée en 2020 la Suisse de manipulateur de devises. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, Berne se trouve à nouveau dans le collimateur du Département américain du Trésor qui l'a placé en juin sur une liste de pays à surveiller, rendant périlleuse les interventions de la BNS sur le marché des changes.
"Depuis des années, nous échangeons régulièrement avec les Etats-Unis et nous leur expliquons que nos interventions ne visent pas à nous procurer un avantage compétitif injuste, mais que cela est nécessaire pour remplir le mandat de stabilité des prix", a élaboré Mme Tschudin.
Revenant sur la forte appréciation du franc face au dollar, la responsable a rappelé que le billet vert s'est déprécié vis-à-vis d'un certain nombre de devises. "Que le franc soit surévalué ou non n'est au final pas si important pour la politique monétaire". Ce qui importe est si les cours de changes modifient l'inflation importée, a-t-elle précisé.
Lors de sa précédente réunion le 25 septembre, la BNS avait maintenu son taux directeur à 0%. La plupart des économistes interrogés par l'agence AWP s'attendent à ce que ce taux reste inchangé lors de la prochaine réunion mi-décembre.
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