3 mars -
Ce qui compte aujourd'hui sur les marchés américains et mondiaux
Par Mike Dolan, rédacteur en chef, Finance et Marchés
Le troisième jour de l'escalade de la guerre au Moyen-Orient continue d'ébranler les marchés mondiaux, sans qu'aucun signe ne laisse présager quand ou où ce conflit régional grandissant prendra fin – l'hypothèse dominante restant qu'il se comptera en semaines plutôt qu'en jours.
Les prix de l'énergie restent l'épicentre de la transmission financière, et le pétrole brut repart à la hausse alors que des installations maritimes, pétrolières, gazières, ainsi que des cibles militaires et civiles sont frappées, l'Iran poursuivant ses représailles aux frappes du week-end.
J'aborderai ce point et d'autres ci-dessous.
Mais d'abord, consultez ma dernière chronique sur ce qui motive vraiment la récente envolée du dollar.
Écoutez aussi le dernier épisode du podcast quotidien Morning Bid. Abonnez-vous pour entendre les journalistes de Reuters discuter des plus grandes actualités des marchés et de la finance, sept jours sur sept.
LA BRUME D'HORMUZ SEC0UE LES MARCHÉS
Le Brent a atteint un sommet de 14 mois et, à 82,37 dollars le baril, il s'affiche 10 dollars au-dessus de la clôture de vendredi. Le brut américain a atteint un plus haut de 8 mois à 75,55 dollars le baril, mais les marchés attendent une annonce gouvernementale prévue mardi sur des mesures destinées à compenser l'impact pour les consommateurs américains.
Les détails restent flous mais pourraient inclure un recours aux réserves stratégiques de pétrole des États-Unis ou une forme de subventions nationales.
Le rebond des actions à Wall Street lundi a vu le S&P 500 revenir à ses niveaux d'ouverture, tiré par le secteur technologique. Mais cela avait tout l'air d'un trading programmatique basé sur des modèles « acheter sur repli » entraînés sur les hausses de prix de l'énergie relativement brèves observées lors des conflits précédents au Moyen-Orient.
Or, la situation actuelle semble très différente. Les contrats à terme sur indices boursiers américains reculent de près de 2 %. Les actions en Europe et en Asie chutent fortement aujourd'hui. Le Nikkei japonais, l'indice Stoxx de la zone euro et le FTSE 100 britannique ont tous plongé d'environ 3 %, tandis que le Kospi sud-coréen, habituellement très performant, a dégringolé de 7 % à la reprise des cotations à Séoul lundi après les fêtes.
Toute idée d'un effet refuge sur les obligations souveraines a été rapidement balayée, les rendements du Trésor américain progressant sur l'ensemble de la courbe, le taux à 10 ans gagnant 13 points de base depuis la clôture de vendredi.
Les marchés n'attendent plus de nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale avant septembre, et des doutes subsistent quant à la possibilité d'une seconde cette année – seuls 42 points de base de baisse sont anticipés d'ici décembre.
Les traders écartent également toute hypothèse de baisse supplémentaire des taux de la Banque centrale européenne. La situation s'est aggravée lundi avec la publication d'un rapport montrant que les industriels américains ont déjà enregistré en février une forte hausse des prix d'entrée, à leur plus haut niveau depuis 2022 – et ce, avant même la dernière flambée du pétrole.
Les observateurs de la BCE ont également pris connaissance d'une estimation flash de l'inflation en zone euro pour le mois dernier, supérieure aux attentes.
Par ailleurs, le dollar continue de profiter par défaut d'un impact énergétique relatif – l'euro tombant à son plus bas niveau en six semaines, sur fond de hausse inquétante des prix du gaz naturel dans la zone. Le prix de référence du gaz naturel européen a atteint mardi son plus haut niveau en trois ans, soit une progression d'environ 30 % sur un an.
La Banque du Japon a mis en garde contre une possible intervention pour enrayer la faiblesse du yen, tandis que la Banque nationale suisse s'est dite plus disposée à intervenir afin de freiner la hausse du franc, valeur refuge. Le repli du franc qui en a résulté a coïncidé avec un repli curieux de l'or.
Graphique du jour
Alors que le conflit au Moyen-Orient a saisi toute la région cette semaine, le Qatar a condamné les attaques iraniennes sur son territoire et affirmé qu'il se réservait pleinement le droit de répondre.
Les attaques visant ses infrastructures énergétiques ont provoqué une flambée des prix du gaz naturel cette semaine, le Qatar étant le troisième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié. Les prix de référence européens du gaz naturel ont atteint mardi leur plus haut niveau en trois ans.
Événements à suivre aujourd'hui
* Interventions de John Williams (Fed de New York), Jeffrey Schmid (Fed du Kansas) et Neel Kashkari (Fed de Minneapolis)
* Résultats d'entreprises américaines : Best Buy, Target, CrowdStrike
Vous souhaitez recevoir Morning Bid chaque matin dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous à la newsletter ici. Retrouvez ROI sur le site de Reuters, et suivez-nous sur LinkedIn et X.
Les opinions exprimées sont celles de l'auteur. Elles ne reflètent pas la position de Reuters News, qui, conformément aux principes de confiance, s'engage à l'intégrité, à l'indépendance et à l'objectivité.


















