Le commerce entre la deuxième puissance économique mondiale et le marché italien a dépassé les 70 milliards de dollars annuels au cours des cinq dernières années.
Les deux partenaires commerciaux s'étaient accordés sur cet effort de rééquilibrage lors d'une visite de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni en 2024, après que l'Italie s'est retirée du programme phare chinois des "Nouvelles routes de la soie", en raison notamment d'investissements chinois insuffisants pour compenser le déficit commercial.
"La Chine est disposée à travailler avec l'Italie pour exploiter davantage le potentiel de coopération", a déclaré jeudi le ministre du Commerce Wang Wentao à Antonio Tajani, selon un compte rendu de son ministère.
"L'Italie est attendue pour jouer un rôle constructif dans la promotion d'un développement sain et stable des relations économiques et commerciales entre la Chine et l'Union européenne", a ajouté Wang, soulignant le rôle clé de Rome dans les relations de Pékin avec le bloc des 27.
L'EXCÉDENT COMMERCIAL S'EST ACCRU, SELON LES DOUANES CHINOISES
Toutefois, les données douanières chinoises montrent que l'excédent commercial avec l'Italie n'a fait que s'accentuer au cours des trois dernières années. Ses exportations ont atteint 51 milliards de dollars l'an dernier, contre 45 milliards en 2023, tandis que les importations en provenance d'Italie ont reculé de 27 à 25 milliards de dollars.
Le premier poste d'exportation de la Chine vers l'Italie l'an dernier a été celui des smartphones, avec 2,5 milliards de dollars de ventes, suivi par les envois de faible valeur (2,3 milliards de dollars), généralement constitués d'articles bon marché provenant de plateformes de commerce électronique telles que Temu et Shein.
Les médicaments et la maroquinerie constituent les principales ventes de l'Italie en Chine, bien que la demande pour les produits de luxe semble ralentir alors que l'économie chinoise peine à retrouver de l'élan.
"Il est essentiel de poursuivre sur la voie d'une relation économique plus équilibrée", a déclaré Tajani au quotidien d'Etat China Daily dans un entretien publié vendredi.
Il a cité la mode, les machines-outils, la pharmacie et la chimie comme des secteurs de croissance potentiels.
UN SIMPLE REPORT DES PROBLÈMES
L'Italie a été le seul membre du G7 à rejoindre les "Nouvelles routes de la soie", malgré les appels des Etats-Unis à se tenir à l'écart du principal programme de politique étrangère du président chinois Xi Jinping en 2019.
Du point de vue de Pékin, cela laisse entrevoir la possibilité que l'Italie se démarque à nouveau de Washington et de ses partenaires européens, d'autant plus que des divergences sur le conflit iranien ont récemment tendu les relations entre le président américain Donald Trump et Giorgia Meloni, l'une de ses plus proches alliées en Europe.
Selon les analystes, la visite de Meloni en 2024 et l'adoption du plan d'action ont aidé la Chine à atténuer l'embarras diplomatique causé par le retrait italien du programme.
Mais avec l'échéance de 2027 qui approche, la Chine se retrouve sous les projecteurs pour atteindre ses objectifs et parer aux accusations européennes selon lesquelles elle tarderait à remodeler son modèle économique, tout en luttant pour relancer la demande intérieure et en s'appuyant sur les exportations de produits à bas prix.
Rome a soutenu les droits de douane proposés par la Commission européenne lors d'un vote en 2024 qui a divisé le bloc, visant à éviter l'"inondation" de véhicules électriques chinois contre laquelle Bruxelles avait mis en garde.
Elle a toutefois signalé qu'elle accueillerait favorablement une augmentation des ventes des constructeurs automobiles chinois investissant dans des unités de production en Italie.



















