L'indice de référence KOSPI a effacé la quasi-totalité de sa chute de 19% enregistrée le mois dernier, retrouvant l'élan qui en avait fait l'indice boursier majeur le plus performant l'an dernier.
Toutefois, cette déroute a mis en lumière certains risques du marché est-asiatique, caractérisé par une forte concentration sur une poignée de sociétés liées à l'IA et une volatilité dépassant de loin celle de la plupart des autres places boursières.
La devise reste également ancrée à des plus bas de 17 ans, renchérissant le coût de l'énergie importée dont dépend la Corée du Sud, tout en limitant la marge de man&156;uvre pour des mesures de relance, car les politiques de soutien à la croissance risquent d'exacerber l'inflation.
Bien que 4,2 milliards de dollars de capitaux étrangers soient revenus sur les actions sud-coréennes ce mois-ci, un montant record de 23,8 milliards de dollars avait fui en mars, selon les données de LSEG.
Pour Isaac Thong, directeur de l'investissement senior pour les actions asiatiques chez Aberdeen Investments, cette correction sévère a offert un point d'entrée attrayant sur le marché de Séoul.
M. Thong a cédé ses positions dans les fabricants de semi-conducteurs taïwanais pour acheter des titres meilleur marché de producteurs sud-coréens de puces mémoire, tels que Samsung Electronics, rejoignant ainsi les investisseurs en quête d'une part des profits générés par les mémoires à large bande passante utilisées dans les centres de données.
"Nous sommes prudemment optimistes, mais nous pensons qu'il s'agit d'une mégatendance", a-t-il déclaré. "Sauf scénario de récession, nous pensons que cette tendance va se poursuivre."
Malgré son éloignement géographique du Moyen-Orient, la Corée du Sud a été durement touchée par la volatilité des marchés depuis le début du conflit, son économie ouverte et tournée vers l'exportation étant très exposée au choc énergétique, particulièrement dans un contexte de faiblesse persistante de la monnaie.
Le KOSPI a connu des plongeons allant jusqu'à 12% en une seule séance, suivis de rebonds de 9%. Mais même après un mois de mars turbulent, l'indice progresse de 44,5% cette année, s'appuyant sur une envolée de 75% en 2025.
Le gouvernement tente également de drainer les capitaux étrangers par des réformes de la gouvernance d'entreprise, ciblant le "Korea Discount", un décote de valorisation persistante ancrée dans les déficiences de gouvernance des conglomérats familiaux connus sous le nom de chaebols.
Ces initiatives ont attiré des fonds activistes, en quête de rendements similaires à ceux observés au Japon lors de la décennie précédente sous la politique des "Abenomics" de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe.
Face à la volatilité des actions sud-coréennes, le marché obligataire du pays a fait preuve d'une résilience remarquable.
Les entreprises coréennes ont levé 74,7 milliards de dollars au premier trimestre 2026, selon les données de LSEG, maintenant le rythme soutenu de collecte observé ces dernières années.
Le rendement de l'obligation d'Etat à 10 ans, qui évolue à l'inverse de son prix, a chuté de 17,5 points de base ce mois-ci, touchant son plus bas niveau depuis février.
Les perspectives de la dette souveraine coréenne s'améliorent également dans l'attente de son inclusion dans l'indice FTSE World Government Bond Index.
Le fonds de pension public japonais (GPIF) a commencé à acheter des obligations du Trésor coréen en amont de leur inclusion, tandis que Goldman Sachs Asset Management et Principal Global Investors ont également manifesté leur intérêt.
"La Corée ne figurait dans aucun indice mondial majeur jusqu'à présent", a déclaré Riad Chowdhury, responsable de la région Asie-Pacifique chez MarketAxess à Singapour, qui anticipe entre 50 et 70 milliards de dollars de flux provenant des seuls fonds passifs. "C'est l'un de ces grands arbitrages intra-asiatiques."
Pour les investisseurs mondiaux, la faiblesse persistante du won sud-coréen demeure une source d'inquiétude, les sorties de capitaux et la demande de dollars comme valeur refuge maintenant la devise à des niveaux inobservés depuis les crises financières asiatique ou mondiale.
Cette situation a provoqué des mises en garde verbales répétées de la part des autorités et a conduit le fonds de pension public sud-coréen à mener des opérations de couverture de change stratégiques, soutenant de fait le won.




















