Dans une vidéo publiée sur le réseau social X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que ChapsVision avait été « retenu ce mardi par la DGSI... pour se substituer au géant américain Palantir ».
Toutefois, après que Palantir a précisé que son contrat à long terme avec la DGSI — renouvelé fin 2023 pour plusieurs années — « restait pleinement en vigueur », les services du Premier ministre ont clarifié que les outils de Palantir continueraient d'être utilisés jusqu'à ce que ceux de ChapsVision puissent être intégrés, afin d'« éviter toute rupture capacitaire ».
ChapsVision n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
MÉFIANCE DES GOUVERNEMENTS EUROPÉENS
Les gouvernements européens se montrent de plus en plus prudents face à leur dépendance vis-à-vis des plateformes technologiques américaines, et particulièrement envers la suite de produits de Palantir Technologies.
Fondée par le milliardaire Peter Thiel avec le soutien de la Central Intelligence Agency (CIA), Palantir commercialise auprès des gouvernements et des entreprises des outils d'intégration de données par intelligence artificielle (IA) de qualité militaire.
« Nous devons utiliser nos propres modèles d'IA ; nous ne pouvons accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans la sphère numérique », a affirmé Sébastien Lecornu sur X. « Nous ne pouvons pas dépendre d'outils développés par des puissances étrangères. La France doit disposer de ses propres outils. »
L'imprévisibilité du président américain Donald Trump sur la scène mondiale a conduit les alliés européens à se demander si le soutien des États-Unis dans des domaines tels que la sécurité et la technologie peut encore être considéré comme acquis.
L'armée allemande a annoncé qu'elle n'utiliserait plus Palantir, tandis que le Royaume-Uni réexamine le contrat de données de 330 millions de livres sterling (environ 440 millions de dollars) conclu entre le National Health Service (NHS) et Palantir, sous la pression politique et parlementaire.
Le maire de Londres, Sadiq Khan, a également bloqué un projet de contrat de 50 millions de livres entre Palantir et la police de la capitale, invoquant des questions de rentabilité et de procédures de passation de marchés. En réponse, Palantir a menacé d'engager des poursuites judiciaires.
Sébastien Lecornu a précisé que la France prévoyait d'investir 655 millions d'euros (760 millions de dollars) dans l'intelligence artificielle et de mettre en place un agent conversationnel (chatbot) partagé pour l'ensemble des services de l'État.
Le gouvernement créera également un chatbot de santé publique pour l'Assurance Maladie (Ameli), ainsi qu'une nouvelle plateforme numérique destinée à simplifier l'accès aux données publiques.
(1 $ = 0,8638 euro)
(1 $ = 0,7452 livre sterling)




















