La hausse de l'inflation observée jusqu'ici ne serait qu'un début. "Même si le cessez-le-feu au Moyen-Orient tient, l'inflation devrait continuer de croître en avril", affirme l'expert. En mars, les automobilistes ont déjà dû mettre lourdement la main à la poche : les carburants ont renchéri de 20,0 % sur un an. Les prix du fioul domestique léger ont même bondi de 44,4 % : "Ces hausses de prix marquées résultent principalement des hostilités en Iran et au Moyen-Orient, ainsi que de la dynamique des prix qui en découle sur le marché du pétrole brut", expliquent les statisticiens.
LA FÉDÉRATION DU TOURISME DÉPLORE DES "PRIX DU CARBURANT EXTRÊMEMENT ÉLEVÉS"
Une trêve de deux semaines est en vigueur depuis mercredi dans le conflit iranien. "Toutefois, celle-ci reste fragile et les négociations pour une paix durable s'annoncent très difficiles compte tenu des positions très divergentes", estime Vincent Stamer, économiste à la Commerzbank. Même en l'absence de nouvelle escalade, les menaces réciproques pourraient devenir la norme. Le détroit d'Ormuz, point de passage crucial pour le transit de pétrole et de gaz, devrait rester un point de discorde majeur : "Actuellement, le trafic dans le détroit est de facto toujours interrompu, et des restrictions devraient continuer de survenir périodiquement à l'avenir."
Le conflit au Proche-Orient assombrit également le climat des affaires chez les agences de voyages et les voyagistes. L'indicateur sectoriel de l'institut Ifo est tombé à moins 41,7 points en mars, contre moins 14,8 points en février. Les entreprises jugent leur situation actuelle avec beaucoup plus de réserve qu'en février, et les perspectives d'activité se sont également nettement détériorées : "La situation géopolitique entraîne une forte incertitude chez les voyageurs et les professionnels du secteur, particulièrement pour les voyages transitant par les États du Golfe au Moyen-Orient", a déclaré Patrick Höppner, expert sectoriel de l'Ifo.
Selon le président de la Fédération allemande du tourisme, Reinhard Meyer, les "prix du carburant extrêmement élevés" ont aussi un impact majeur sur le tourisme domestique. La voiture reste en effet le moyen de transport préféré de 73 % des Allemands pour leurs déplacements : "16 % des Allemands modifient ou annulent actuellement leurs projets de voyage en raison de la hausse des prix, selon notre enquête flash réalisée avec l'Institut allemand de recherche sur le tourisme", a récemment expliqué Meyer.
(Rapport de Reinhard Becker, rédigé par Elke Ahlswede. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à l'adresse berlin.newsroom@thomsonreuters.com)


















