Depuis le début du conflit en Iran fin février, une grande partie des vols vers le Proche-Orient a été annulée et le trafic ne s'est pas encore totalement rétabli en juin. Le prix du kérosène a parfois doublé par rapport aux niveaux d'avant-guerre. Les compagnies aériennes ont réduit leurs capacités vers les destinations concernées de 5 % entre juin et novembre, précise la BDL. Toutefois, des liaisons cruciales pour l'économie allemande vers l'Europe de l'Ouest se contractent également de 5 % sur les six prochains mois. Ce recul reflète notamment les annulations de vols chez Lufthansa. En raison de la hausse des coûts du carburant et de l'arrêt soudain de l'exploitation de sa filiale régionale Cityline, la compagnie à la grue a supprimé 20 000 vols de son programme d'été. D'autres annulations sont à prévoir dans le cadre de la consolidation de l'offre court-courrier sur les six hubs européens du groupe.
D'après les chiffres de la BDL, les compagnies de réseau européennes, emmenées par le leader du marché Lufthansa Group en Allemagne, proposent 3 % de billets en moins jusqu'en novembre. Par rapport à 2019, année de référence pré-pandémie, la capacité disponible s'établit à 81 %. À titre de comparaison, dans le reste de l'Europe, les groupes Lufthansa, Air France-KLM, le consortium anglo-espagnol International Airlines Group (IAG) et les autres transporteurs traditionnels affichent un taux de reprise de 97 %.
Avec cette première stagnation du trafic aérien en Allemagne depuis le début de la reprise post-Covid il y a trois ans, l'écart avec les autres pays européens se creuse. Le secteur impute principalement cette situation à des coûts d'exploitation nettement plus élevés, dus aux taxes et redevances, qui ne baisseront que très légèrement à partir de juillet. L'Allemagne accuse déjà un retard de croissance prolongé par rapport à ses voisins européens. Le choc pétrolier semble affecter moins durement les autres marchés du continent : hors Allemagne, l'offre de vols en Europe progresse de 6 %, atteignant 116 % de son niveau de 2019.
Les grands aéroports commerciaux allemands pâtissent de ces réductions de capacités. Sur les deux principaux hubs de Francfort et Munich, l'offre de sièges ne progresse plus, souligne la BDL. Les prévisions de l'opérateur de l'aéroport de Francfort, Fraport, qui tablait sur une croissance d'environ 4 % pour atteindre 66 millions de passagers, pourraient ainsi être remises en cause.
(Rapport rédigé par Ilona Wissenbach, édité par Ralf Banser. Pour toute question, veuillez contacter la direction de la rédaction à l'adresse frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com)


















