Les deux organes législatifs rivaux de la Libye ont approuvé le premier budget national unifié du pays en plus de dix ans, a annoncé samedi la banque centrale dans un communiqué.

Ce pays producteur de pétrole d'Afrique du Nord est divisé depuis la guerre civile de 2014, qui a engendré deux administrations distinctes à l'ouest et à l'est. Son dernier budget national unifié remontait à 2013.

Abduljalel Shawesh, représentant du Haut Conseil d'État à Tripoli, a déclaré à Reuters par téléphone que les deux chambres législatives rivales s'étaient accordées sur une enveloppe budgétaire de 190 milliards de dinars libyens (29,95 milliards de dollars).

La banque centrale a précisé que l'approbation du budget par les deux instances pourrait favoriser la stabilité financière, marquant une étape majeure vers la fin d'années de fragmentation monétaire et budgétaire.

"C'est une déclaration claire que la Libye est capable de surmonter ses différends lorsqu'une vision unifiée de son avenir est forgée", a déclaré le gouverneur de la banque centrale, Naji Issa, qui a supervisé la cérémonie de signature au siège de l'institution à Tripoli.

Les deux chambres législatives sont la Chambre des représentants (HoR), basée dans l'est et élue en 2014, et le Haut Conseil d'État (HSC) à l'ouest, formé dans le cadre d'un accord politique en 2015 et dont les membres sont issus d'un parlement élu en 2012.

L'accord de validation du budget a été signé à Tripoli par Essa Aribi, représentant la HoR de Benghazi, et par M. Shawesh pour le HSC.

Osama Hamad, qui dirige un gouvernement parallèle allié à la HoR dans l'est, a déclaré dans un communiqué que cet accord constituait la pierre angulaire du lancement de programmes de développement équilibrés dans tout le pays, "garantissant une répartition équitable des ressources".

Le Gouvernement d'unité nationale de Tripoli, reconnu internationalement, sera responsable des salaires, des dépenses de fonctionnement et des subventions, tandis qu'un comité regroupant toutes les parties discutera des priorités de mise en oeuvre des projets de développement sous l'égide de la banque centrale, a précisé M. Shawesh.

La HoR devrait désormais soumettre la législation relative au budget, a-t-il ajouté.

Il a également indiqué qu'un accord avait été conclu pour allouer 12 milliards de dinars à la compagnie pétrolière nationale, la National Oil Corporation. L'économie libyenne dépend du pétrole pour plus de 95% de sa production économique.

M. Shawesh a précisé que 40 milliards de dinars seraient consacrés aux projets de développement, environ 37 milliards aux subventions, 73 milliards aux salaires, quelque 18 milliards aux allocations familiales et 10 milliards aux dépenses de fonctionnement.

Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines, a félicité la Libye sur le réseau X pour la signature de cet accord, intervenu "après des mois de médiation américaine dans le cadre d'une feuille de route plus large vers la paix et l'unification nationale".

Il a souligné que ce nouveau budget soutiendrait les projets de développement à l'échelle nationale et garantirait le financement de la National Oil Corporation afin qu'elle puisse accroître sa production d'énergie et ses revenus.