La livre sterling a légèrement reflué vendredi, tout en restant en voie de réaliser sa plus forte progression hebdomadaire en trois mois, après que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a ravivé l'espoir d'une issue à un conflit qui a fait s'envoler les prix de l'énergie et menacé la croissance mondiale.

Le sterling a cédé 0,15 % à 1,342 dollar, mais s'orientait vers un gain hebdomadaire de 1,7 %, soit la hausse la plus marquée depuis la mi-janvier.

La devise britannique avait bondi de 0,7 % mercredi après que le président américain Donald Trump a annoncé un accord de cessez-le-feu de deux semaines prévoyant la réouverture par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitent habituellement 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Toutefois, la trêve semblait fragile vendredi, à la veille de négociations prévues au Pakistan. Donald Trump a déclaré que l'Iran s'acquittait "très mal" de sa tâche consistant à laisser passer le pétrole dans le détroit, tandis qu'Israël a poursuivi ses frappes au Liban.

"Les mouvements sur les marchés financiers au cours de la nuit ont été globalement modestes", ont souligné Sam Hill et Nicholas Kennedy, analystes chez Lloyds Bank, dans une note de recherche.

"Il semble que les marchés placent leurs espoirs dans des développements positifs lors des négociations au Pakistan ce week-end."

La livre avait chuté de 1,9 % face au dollar en mars, alors que les prix de l'énergie s'envolaient et que les marchés boursiers dévissaient, poussant les investisseurs vers le billet vert, considéré comme une valeur refuge en période de tensions.

L'économie britannique est également très dépendante des importations d'énergie, ce qui a accentué la pression sur la livre en mars, les investisseurs se préparant à un impact sur la croissance.

Pourtant, l'indice dollar, qui mesure la devise face à un panier de six monnaies de référence, s'orientait vendredi vers son plus important repli hebdomadaire depuis la mi-janvier, les investisseurs se délestant de la monnaie américaine pour se repositionner sur les actions, les obligations et d'autres devises.

L'euro était quasi stable face à la livre vendredi, à 87,06 pence. Il a cédé environ 0,7 % face au sterling depuis le début du conflit, les cambistes tentant d'évaluer quelle zone subira le choc économique le plus sévère.