Mme O'Neill est le quatrième DG de BP depuis 2020 et la première recrue externe à ce poste depuis plus d'un siècle. Elle est également la première femme à diriger l'une des cinq plus grandes compagnies pétrolières mondiales.
Ancienne dirigeante de l'australien Woodside Energy et d'Exxon Mobil, Meg O'Neill arrive alors que BP cherche à s'éloigner d'une incursion malheureuse dans les énergies renouvelables.
"CAP CLAIR ET CONTINUITÉ"
"Je suis convaincue que nous pouvons accélérer nos performances en toute sécurité et stimuler l'innovation, la durabilité et la croissance", a-t-elle déclaré dans la note aux employés. "Je m'engage à fournir une direction claire et de la cohérence afin que nous puissions progresser ensemble avec confiance."
Elle rejoint le nouveau président du conseil d'administration, Albert Manifold, entré en fonction en octobre, qui a souligné la nécessité de remodeler davantage le portefeuille de BP pour accroître la rentabilité.
L'investisseur activiste Elliott Investment Management, l'un des principaux actionnaires de BP, a exhorté M. Manifold à corriger ce qu'il qualifie de lacunes de l'entreprise.
M. Manifold a récemment annoncé un conseil d'administration resserré, marquant notamment le départ de l'ancien directeur financier de Shell, Simon Henry. Il a précisé qu'une structure réduite permettrait une prise de décision plus rapide et une surveillance plus pointue dans le cadre de la restructuration de BP.
BP a déjà sabré des milliards de dollars dans ses projets d'énergies renouvelables, s'est engagé à céder pour 20 milliards de dollars d'actifs d'ici 2027, et à réduire sa dette ainsi que ses coûts.
La dette nette est tombée à 22 milliards de dollars, contre 26 milliards au quatrième trimestre de l'année dernière, et BP a réitéré son objectif de ramener ce montant dans une fourchette de 14 à 18 milliards de dollars d'ici fin 2027.
La société a suspendu ses rachats d'actions en février pour se concentrer sur le désendettement et le redéploiement des investissements vers les projets pétroliers et gaziers.
"DES DÉCISIONS AUDACIEUSES"
Mme O'Neill, une Américaine de 55 ans originaire de Boulder, au Colorado, et première femme ouvertement homosexuelle à diriger une entreprise du FTSE 100, dirigeait Woodside depuis 2021 après 23 ans passés chez Exxon.
Lors de son arrivée chez Woodside, les investisseurs s'inquiétaient des performances récentes, du cours de l'action et de la culture d'entreprise, rappelle Saul Kavonic, responsable de la recherche énergétique chez MST Marquee, ayant lui-même travaillé pour le groupe australien.
"Elle a pris des décisions très audacieuses et a fondamentalement réorienté l'avenir de Woodside, en déplaçant son centre de gravité de l'Australie vers l'Amérique du Nord", a déclaré M. Kavonic.
Sous la direction de Mme O'Neill, Woodside a fusionné avec la branche pétrolière de BHP Group pour créer un producteur indépendant de premier plan, valorisé à 40 milliards de dollars, doublant au passage sa production d'hydrocarbures.
Cette acquisition a propulsé l'entreprise aux États-Unis, où elle a lancé un projet majeur de gaz naturel liquéfié en Louisiane.
BP a consacré plus de 40% de son budget d'investissement de 16,2 milliards de dollars aux États-Unis en 2024. Le groupe prévoit d'y porter sa production à environ 1 million de barils équivalent pétrole par jour (bep/j) d'ici la fin de la décennie, tout en maintenant sa production totale stable autour de 2,4 millions de bep/j.
Meg O'Neill succède à Murray Auchincloss, qui a quitté brusquement ses fonctions en décembre mais restera conseiller jusqu'en décembre 2026. Carol Howle avait assuré l'intérim à la direction générale.
Mme O'Neill percevra un salaire de base de 1,6 million de livres (2,1 millions de dollars), selon le rapport annuel de la société publié en mars.



















