Voici comment l'Union européenne prévoit de réagir.
PRIORITÉ À L'ÉLECTRICITÉ
Au coeur des propositions de l'UE figure la volonté de réduire la dépendance au pétrole et au gaz, afin de se prémunir contre les futures ruptures d'approvisionnement en combustibles fossiles et les pics de prix.
La Commission a présenté mercredi des projets visant à modifier les règles fiscales de l'UE pour garantir que l'électricité soit moins taxée que le gaz naturel, confirmant ainsi des projets de réforme précédemment rapportés par Reuters.
L'objectif est d'inciter les consommateurs et les entreprises à remplacer les systèmes fonctionnant au gaz par des pompes à chaleur et des machines industrielles électriques.
La proposition facilitera également la possibilité pour les gouvernements de ramener à zéro les taxes sur l'électricité pour les industries énergivores et les ménages vulnérables, afin de limiter les factures à court terme.
Bruxelles formulera des propositions législatives pour amender les règles fiscales en mai. Ces règles sont politiquement complexes à modifier, car elles requi&rent l'approbation unanime des 27 États membres.
Les taxes et prélèvements sur l'électricité dans l'UE sont, en moyenne, environ deux fois plus élevés que ceux du gaz naturel, selon une analyse du groupe de réflexion Strategic Perspectives.
La Commission proposera également un objectif d'électrification avant l'été, pour pousser les industries à abandonner les combustibles fossiles au profit de l'électricité.
STOCKS DE PÉTROLE ET DE GAZ
La Commission européenne coordonnera les efforts des pays pour remplir les stocks de gaz au cours des prochains mois, y compris le calendrier des achats.
L'objectif est d'éviter les pics de prix qui pourraient être causés par une précipitation des entreprises à acheter simultanément.
Les réserves de gaz sont actuellement remplies à 31 %, mais l'UE exige que ce niveau atteigne 80 % avant l'hiver, alors que les entreprises ont tardé à reconstituer les stocks en raison de prix anormalement élevés.
Bruxelles facilitera également d'éventuels déstockages de pétrole en coordonnant le calendrier et les volumes au sein de l'UE, a déclaré la Commission. Les membres de l'Agence internationale de l'énergie - qui comprend la plupart des pays de l'UE - ont convenu le mois dernier de libérer 400 millions de barils de pétrole de leurs réserves, dans le but de calmer les marchés pétroliers.
CARBURANT POUR L'AVIATION
L'UE importe environ 40 % de son kérosène, dont la moitié transite par le détroit d'Ormuz. Les aéroports ont averti que l'Europe pourrait être confrontée à des pénuries de carburant d'aviation d'ici quelques semaines.
La Commission cartographiera l'approvisionnement et les stocks de carburant de transport en Europe et interviendra pour optimiser la distribution afin d'éviter les pénuries, a-t-elle précisé. Elle envisagera également de réviser l'obligation faite aux pays de l'UE de détenir au moins 90 jours de stocks de pétrole, pour y inclure une exigence spécifique au kérosène.
Bruxelles élaborera des directives sur la gestion des pénuries potentielles de kérosène, portant sur des questions telles que la perte de créneaux aéroportuaires par les compagnies aériennes en raison d'annulations et la règle anti-"tankering" de l'UE, conçue pour empêcher les avions de faire le plein de carburant supplémentaire dans des zones où les prix sont bas.
La Commission européenne cartographiera également la capacité de raffinage de l'Europe et introduira des mesures le mois prochain pour s'assurer que la capacité existante est pleinement utilisée.
"SOULAGEMENT IMMÉDIAT"
Les propositions de l'UE incluent une liste de recommandations pour apporter un "soulagement immédiat", bien qu'il appartienne à chaque gouvernement de les adopter.
Celles-ci comprennent le report de la fermeture de centrales nucléaires, une aide financière pour l'installation rapide de batteries et de panneaux solaires, ainsi que la réduction du prix des transports publics.
AIDES D'ÉTAT
Indépendamment des propositions publiées mercredi, l'UE prépare des plans pour permettre aux pays de subventionner davantage les prix du carburant et des engrais.
Dans un projet de ces règles temporaires sur les aides d'État, consulté par Reuters, l'UE permettrait aux gouvernements de subventionner jusqu'à 50 % de la hausse des prix du carburant ou des engrais payée par les entreprises depuis le début de la guerre en Iran.
Afin d'éviter que des subventions massives et non ciblées ne pèsent sur les budgets publics, seuls quelques secteurs seront éligibles, notamment l'agriculture, la pêche et le transport routier. Les subventions doivent être octroyées cette année.
Le projet de plan de l'UE permettrait également une intensité d'aide plus élevée pour aider les industries à payer leurs factures d'électricité.





















