La semaine écoulée a d'abord donné aux marchés tout ce qu'ils voulaient entendre. La réouverture du détroit d'Ormuz en fin de semaine a provoqué un net reflux du pétrole, relancé l'appétit pour le risque et soutenu un rebond marqué des actions, particulièrement aux États-Unis, dans le sillage des valeurs technologiques. L'Europe a suivi, portée à la fois par cette détente énergétique et par les premiers résultats d'entreprises.

Mais l'embellie s'est brouillée dès le week-end. Washington a maintenu son blocus contre l'Iran, Téhéran a dénoncé une violation du cessez-le-feu, puis les accusations croisées ont repris autour du détroit. En quelques heures, le scénario de normalisation a retrouvé ses fragilités. Les actions ont choisi de célébrer la détente. Les taux, eux, restent plus prudents, toujours ancrés à des niveaux élevés dans un monde où le choc énergétique s'apaise, mais où les déficits et les incertitudes géopolitiques ne disparaissent pas.

En toile de fond, c'est bien cette divergence qui structure la lecture macro de la semaine. La chute du brut éloigne le risque d'une poussée inflationniste brutale, sans pour autant rouvrir la voie à une baisse rapide des taux. Les marchés obligataires continuent d'intégrer un environnement plus lourd, entre soutien budgétaire, hausse des dépenses militaires et perspective de déficits plus élevés dans les prochaines années. Autrement dit, les actions ont joué la parenthèse de soulagement. Les taux continuent de rappeler que la